Simplification administrative, territorialisation des soins... Le Ségur de la Santé n'a pas encore apporté de réponse à la réorganisation du système de santé

Des personnels soignants dans l\'unité de soins intensifs de l\'hôpital Saint-Louis de l\'AP-HP à Paris, le 28 mai 2020. Photo d\'illustration.
Des personnels soignants dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Saint-Louis de l'AP-HP à Paris, le 28 mai 2020. Photo d'illustration. (MARTIN BUREAU / AFP)

Après deux mois de discussions, les conclusions du Ségur de la Santé sont présentées vendredi 10 juillet aux organisations syndicales. Si un projet d'accord a été trouvé sur les salaires, le Ségur devait aussi explorer les pistes de réorganisation de tout le système de santé. Et sur ce versant des discussions, on ne peut pas parler pour l'instant de grandes avancées.

Les négociations du Ségur de la santé entre syndicats et gouvernement se sont achevées dans la nuit de mercredi 8 juillet à jeudi 9 juillet. Un projet d'accord a été trouvé pour la revalorisation des métiers paramédicaux et non médicaux. Il comprend des enveloppes de 7,5 milliards pour les soignants, 450 millions pour les médecins et 124 millions pour les étudiants et internes. On ne sait pas encore si l'accord sera entériné. Pour l'instant, seule la CFDT a annoncé qu'elle le signait.

Mais ce Ségur devait aussi explorer les pistes de réorganisation de tout le système de santé. Et sur ce versant des discussions, on ne peut pas parler pour l'instant de grandes avancées.

Sur la simplification administrative, pas vraiment de nouveau

L'un des principaux chantiers était la simplification administrative : il y a trop de paperasse, trop de procédures dans l'hôpital public, l'ensemble des professionnels s'en plaignent. Par exemple, à l'AP-HP, dans les hôpitaux parisiens, il y a autant de personnels administratifs que de médecins (en comptant les internes). C'est trop, disent les organisations. C'est plus que chez nos voisins, notamment en Allemagne, dont le système de santé a beaucoup été mis en avant pendant la crise du Covid-19.

Les syndicats demandent à ce que les soignants participent davantage aux décisions. Il faut une équipe de direction, tout le monde est d'accord, mais les arguments médicaux doivent peser plus. Et sur ce point, il n'y a pas vraiment de nouveau.

Sur la territorialisation, les fermetures des lits reprennent 

L'un des autres chantiers était la "territorialisation" des soins, c'est-à-dire la répartition des hôpitaux et des centres de soins sur le territoire. Cela concerne notamment les fameuses fermetures de lits et il n'y a pas vraiment de propositions qui ont émergées. Le gouvernement a refusé de mettre en place un moratoire sur la question. Les fermetures de lits avaient été suspendues pendant la crise sanitaires mais désormais elles reprennent, y compris dans des services de réanimation. Il y a aussi la question des ARS, les agences régionales de santé, créées il y a 10 ans et particulièrement critiquées pendant le Covid. "Elles ne servent à rien et coûtent très cher", disent même certains syndicats.

Ce Ségur aura permis de mettre une nouvelle fois sur la table les positions de chacun dans tous ces domaines. Des positions déjà connues qui n'ont pas évoluées ces deux derniers mois. Maintenant, il faut patienter, ce sont les arbitrages, ce qui permettra d'avancer même si les décisions ne satisferont pas tout le monde. Mais si on en reste à la présentation des arguments de chacun, le Ségur laissera un arrière-goût amer.

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