Ségur de la Santé : les Jeunes Médecins auraient préféré "une revalorisation de la grille salariale dans son ensemble"

Emmanuel Loeb, président du syndicat des jeunes médecins, le 24 mars 2020 sur franceinfo.
Emmanuel Loeb, président du syndicat des jeunes médecins, le 24 mars 2020 sur franceinfo. (FRANCEINFO)

Si le Premier ministre Jean Castex évoque "un moment historique" après la signature de l'accord sur le Ségur de la santé, les Jeunes Médecins de leur côté pointent plusieurs faiblesses dans le texte. Notamment sur le manque de réponses concernant l'attractivité du métier de médecin. 

Alors que le Premier ministre et le ministre de la Santé ont signé lundi 13 juillet les accords sur le Ségur de la Santé avec trois syndicats de la fonction publique hospitalière ont accepté de signer l'accord sur les personnels non médicaux : FO, la CFDT et l'Unsa, Emmanuel Loeb, président des Jeunes Médecins, qui dénonce cet accord a indiqué ce n'était pas un moment historique, car "ce qui est historique c'est la manœuvre politique qui est en marche derrière". "Aujourd'hui parmi les 100 000 praticiens qui travaillent à l'hôpital, 40 000 sont des praticiens contractuels et ils ne percevront pas l'indemnité d'engagement de service exclusif car elle n'est pas accessible à ce type de statut", a-t-il fustigé. "Les assistants qui représentent le statut entre l'internat et les praticiens n'ont pas du tout été revalorisés".

"Nous, ce que nous défendions, à l'instar de ce qui se fait pour les autres soignants de l'hôpital public c'est une revalorisation de la grille salariale dans son ensemble", a poursuivi Emmanuel Loeb.

Le Ségur ne va pas "renforcer l'attractivité"

A la question : "Est-ce que ce Ségur de la Santé permettra de retenir les jeunes médecins à l'hôpital public ? La réponse est non, parce que ce qui est présenté comme une revalorisation" ne permet de régler le problème de l'attractivité "à la fois en termes de rémunération mais aussi en termes de moyens, car si on vous paye mieux et que les moyens qui sont alloués à la prise en charge des patients ne sont pas améliorés, si les conditions de travail dans leur ensemble ne sont pas améliorées, vous n'allez pas renforcer l'attractivité", martèle le président des Jeunes Médecins.

"Sur l'outil de travail qui est l'hôpital public rien n'a été envisagé. Je n'ai pas lu dans le protocole qu'il allait y avoir un rééquipement des différents plateaux techniques".

"Là-dessus on voit bien qu'il y a de la com et que la volonté du Premier ministre c'est de passer à l'étape suivante qui est de rentrer dans les négociations sur les régimes des retraites. Ils n'ont pas envie d'avoir plusieurs feux allumés à la fois et ils ont voulu éteindre à marche forcée la question de l'hôpital", a-t-il défendu.

Outre les Jeunes Médecins, SUD et la CGT, n'ont pas souhaité valider la proposition du gouvernement.

Vous êtes à nouveau en ligne