Ligue 1 : avec la crise sanitaire, les clubs incités à présenter un "budget catastrophe" pour la saison prochaine

Le Stadium municipal de Toulouse quelques minutes avant une rencontre de Ligue 1 opposant le TFC au Dijon Football Côte-d\'Or, le 17 août 2019. 
Le Stadium municipal de Toulouse quelques minutes avant une rencontre de Ligue 1 opposant le TFC au Dijon Football Côte-d'Or, le 17 août 2019.  (PASCAL PAVANI / AFP)

Dans une période pleine d'incertitude, les clubs professionnels présentent en ce moment leurs budgets prévisionnels pour la saison prochaine devant la DNCG, l'autorité financière du football français.

C'est l'heure des comptes pour les équipes professionnelles de football. Les unes après les autres, elles passent sous la loupe de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Si la moitié des équipes ont déjà reçu le feu vert, l'incertitude demeure en raison de l'épidémie de Covid-19, et d'une potentielle deuxième vague tant redoutée. Une menace qui empêche les clubs d'estimer, par exemple, avec précision les recettes à venir de leur billetterie. "L’année dernière, entre la billetterie et les abonnements, nous étions à hauteur de 1,5 million d’euros de retombées. Mais cette année, à la louche, on a enlevé environ 25%", explique Pascal Robert, le directeur général du Stade Brestois.

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Pour le moment, les stades pourront accueillir 5 000 personnes maximum pour la reprise de la saison de Ligue 1 le week-end du 22 et 23 août. Les équipes misent sur le maintien de cette jauge. Mais 5 000 personnes dans un stade, cela ne veut pas dire que 5 000 places ont été vendues. Il faut compter les invitations, les partenaires, les journalistes, le staff de l'équipe. Cela représente plusieurs centaines de billets en moins. Pour un club comme le Stade Brestois, c'est un gros trou dans le budget. Il faut donc choisir à qui vendre les places restantes et surtout à quel prix. "Est-ce que la stratégie des clubs va être de rendre les billets rares pour pouvoir les vendre chers ? s'interroge Jean-François Brocard, économiste du sport. Ou est-ce qu’au contraire, les clubs vont continuer à mettre en place des actions plutôt populaires pour attirer un public de grands supporters ? "

Evidemment, le PSG n’aura aucune difficulté, Lyon n’aura aucune difficulté, Marseille n’aura aucune difficulté...Jean-François Brocard économiste du sportà franceinfo

Selon Jean-François Brocard, ce dilemme tarifaire ne se pose pas pour les clubs "moyens"  dont le public n'est pas "capable de payer des sommes folles". Le Stade Brestois fait partie de ces formations qui préfèrent en effet mettre le paquet sur les supporters fidèles. L'année dernière, le stade Francis-Le Blé comptait dans ses gradins 10 000 abonnés. Pour la saison à venir, le directeur général Pascal Robert veut favoriser les réabonnements en faisant un geste pour ses supporters. "Quelque part, on leur devait cinq matches de la saison dernière, soit un quart de ce qu’ils avaient payé. Alors pour l’exercice 2020-2021, l’année des 70 ans du club, on a fait un truc canon au niveau des tarifs : une offre avec 70% de réduction pour les réabonnements à la même place."     

Impossible d'anticiper la saison prochaine

La situation peut aussi s'améliorer en cours de championnat, et la jauge pourrait passer de 5 000 personnes à beaucoup plus si les autorités donnent leur feu vert. C'est ce que tout le monde espère. Mais à l'inverse, il pourrait aussi y avoir un retour des matches à huis-clos si la pandémie repart. Tout cela, les clubs doivent le prévoir dans leurs budgets, explique Jean-François Brocard : "Les clubs présentent deux, voire trois budgets, cela dépend des divisions, et des championnats. Et, effectivement, les clubs doivent présenter un 'budget catastrophe'. Evidemment, ce budget catastrophe doit énormément inquiéter les clubs parce que sa probabilité est peut-être plus élevée qu’elle ne l’était dans les années précédentes."

La DNCG a déjà validé les budgets d'une dizaine de clubs. Ces derniers peuvent désormais se concentrer sur leur saison sportive qui promet, décidément, de ne pas être comme les autres.

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