VIDEO. Covid-19 : comment l'épidémie pourrait-elle évoluer ? L'Institut Pasteur imagine deux scénarios

France 3

Devant la propagation du coronavirus en France, l'Institut Pasteur, à Paris, a réalisé des projections pour les prochaines semaines. Deux scénarios se distinguent.

Plus de 3 500 malades du Covid-19 étaient hospitalisés dans des services de réanimation, dimanche 1er novembre. Depuis le début de la crise sanitaire, le taux d'occupation de ces lits par les "patients Covid" est un facteur déterminant pour le gouvernement, qui s'en sert pour prendre des mesures sanitaires comme le couvre-feu ou, plus récemment, le confinement. Devant la propagation du virus, des scientifiques de l'Institut Pasteur, à Paris, ont établi deux scénarios pour les semaines à venir. Pour l'épidémiologiste Simon Cauchemez, "il faut toujours deux à trois semaines, quand une mesure est mise en place, pour pouvoir commencer à évaluer un impact".

Un scénario "optimiste" et un "pessimiste"

Le premier scénario envisage une courbe qui atteint pic mi-novembre un pic de 5 710 lits occupés dans les services de réanimation. Dans le détail, si le nouveau confinement a un "impact similaire" au premier (avec un taux de reproduction du virus descendu à 0,7), alors entre 5 400 et 6 020 malades du Covid-19 pourraient être hospitalisés en réanimation lors d'un pic épidémique qui surviendrait vers la mi-novembre, selon les modélisations de l'Institut Pasteur utilisées par le Conseil scientifique qui conseille le gouvernement.

Les nouvelles mesures entrées en vigueur vendredi étant "moins contraignantes", les chercheurs ont élaboré d'autres scénarios avec des taux de reproduction allant jusqu'à 1,2 (contre plus de 1,3 actuellement). Dans le pire de ces scénarios, le nombre de patients en réanimation pourrait atteindre mi-novembre plus de 6 600, et le pic épidémique, décalé de quelques semaines, pourrait s'établir autour de 8 600 réas (entre 8 200 et 9 100).

Ce serait plus que le pic du 8 avril, avec 7 148 malades du Covid-19 en réanimation, trois semaines après le début du premier confinement. Et cela nécessiterait de créer encore de nouveaux lits de réanimation.

Deux semaines, trop court pour évaluer la situation

Tout dépendra, ou presque, des effets du confinement. Mais d'autres variables peuvent entrer en ligne de compte. Ces projections partent ainsi de l'hypothèse d'un impact "instantané" du reconfinement. S'il "a un impact tardif, si pendant quelques jours les comportements restent comme avant", Simon Cauchemez s'attend à un nombre de patients en réa possiblement plus élevé.

Dans tous les cas, vu le délai entre les infections et les hospitalisations, le gouvernement risque de ne pas disposer de signaux clairs dans deux semaines, au moment où il devra réévaluer la situation. Et même dans le scénario le plus optimiste, on se retrouverait au 1er décembre, fin prévue pour l'instant du confinement, avec environ 3 000 "patients Covid" en réanimation.

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