Confinement, mode d'emploi : la cohabitation

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"C’est dans ma tête" se transforme, pour le temps du confinement, en "Confinement, mode d’emploi". Pour aider nos auditeurs à vivre mieux - ou du moins, moins mal - cette période difficile. La psychanalyste Claude Halmos répondra chaque semaine à des questions précises des auditeurs. 

Chaque semaine désormais, et durant cette période de confinement, la psychanalyste Claude Halmos répond à des questions choisies parmi celles que nos auditeurs nous adressent.

Et, cette semaine, Camille nous dit :
"Nous avons décidé de nous confiner, avec un couple d’amis, chez le frère de mon mari et sa femme, qui ont une grande maison, et un jardin. Nous nous sommes toujours, tous, bien entendus mais, là, les tensions se multiplient, et c’est infernal, que faire ?"

franceinfo : votre réponse, Claude …

Claude Halmos : Beaucoup de gens vivent actuellement la même chose que Camille, et ce n’est pas étonnant. Partager une maison, même dans des conditions normales, n’est jamais simple. Et en plus, il faut le savoir, le confinement - même quand l’espace est suffisant, et plus encore s’il ne l’est pas - aggrave tous les problèmes. Il les amplifie.

Parce que supporter les autres quand on se sent - parce qu’on ne peut pas partir - condamné à le faire, peut devenir intolérable ; et être ressenti, même, comme une violence. Et il fausse l’interprétation que l’on peut en faire. Le confinement en effet nous fragilise. Il nous rend plus vulnérables, et peut nous conduire à dramatiser les difficultés, ou à penser dirigées contre nous, des attitudes des autres, qui ne le sont pas

Est-ce qu’on peut améliorer les choses ?

Oui. On ne peut pas faire de miracles, mais on peut empêcher la situation de s’envenimer. En comprenant que le confinement fait, dans nos têtes, l’effet d’un miroir déformant : il brouille notre vision des choses. Et qu’il est donc important : de ne pas tirer de conclusions hâtives, et surtout définitives, autant avec ses amis que dans son couple : ce n’est pas le moment de se demander si l’on est vraiment faits l’un pour l’autre (ou les uns pour les autres). Et d’essayer de mettre en place, préventivement, des mesures qui pourront aider à surmonter les conflits.

De quelle façon ?

Chacun inventera, bien sûr, sa propre façon de faire. Mais deux outils peuvent nous être très utiles : la parole, et le rire.

On peut d’abord rappeler, aux personnes avec lesquelles on est confiné, la fragilité psychologique dans laquelle nous met tous le confinement, et les pièges qu’il nous tend. Elles n’en sont pas forcément conscientes. Et, à partir de là, proposer par exemple, que chacun puisse, à tour de rôle, chaque fois que l’on sentira un conflit possible, jouer le rôle de modérateur, pour apaiser les tensions.

Et on peut aussi - c’est là que le rire intervient - se souvenir de notre enfance, et décider d’instaurer, de façon ludique, des gages. Chaque énervement intempestif coutant une pièce de monnaie, qui augmentera une cagnotte, destinée à financer la fête que l’on fera, à la fin du confinement.

Ce sont de petites choses, en apparence un peu bêtes, mais qui peuvent aider à tenir. Et même à sortir plus forts d’un confinement, dont on aura été capable de surmonter, avec les moyens du bord, les difficultés.

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