Confinement : les conséquences négatives ont été plus fréquentes pour les personnes aux revenus modestes, selon l'Insee

La rue de Rivoli, à Paris, d\'ordinaire très fréquentée, déserte pendant le confinement, le 22 mars 2020.
La rue de Rivoli, à Paris, d'ordinaire très fréquentée, déserte pendant le confinement, le 22 mars 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

Les personnes ayant des revenus modestes ont subi de plein fouet les baisses de salaires provoqués par le chômage partiel. Les ouvriers ont ainsi été les plus concernés : 43% d'entre eux contre 34% des cadres.

"Les conséquences négatives du confinement ont été plus fréquentes pour les personnes aux revenus modestes", selon une étude réalisée par l'Insee publiée vendredi 19 juin. 20% des personnes interrogées ont vu leur situation financière se dégrader. Ayant des revenus modestes, elles ont subi de plein fouet, les baisses de salaires provoqués par le chômage partiel, les ouvriers ont été les plus concernés, 43% d'entre eux contre 34% des cadres.

Les plus modestes davantage touchés par les restrictions d'activité

Parmi les personnes ayant un emploi, 27% d'entre elles déclarent avoir subi une période de chômage technique ou partiel. 37% des personnes dont le niveau de vie se situe parmi les 40% les plus modestes ont été touchées par ces restrictions d'activité contre 27% parmi les 20% les plus aisées, estime cette étude. En outre, les indépendants ont deux fois plus souvent rapporté une dégradation de leur revenu que les salariés (42% contre 22%).

Le fait d'avoir télétravaillé est également très lié à la catégorie sociale, 58% des cadres et professions intermédiaires contre 20% des employés et seulement 2% des ouvriers. Le confinement a donc accentué les inégalités de la société selon l'Insee. Concernant les femmes, 83% d'entre elles se sont occupées des enfants contre 57% des hommes et les mères ont renoncé à travailler deux fois plus souvent que les pères. Même, quand elles n'ont pas arrêté de travailler, elles s'occupaient davantage des enfants, assurant une double journée "professionnelle et domestique".

Vivre en couple a limité la pénibilité du confinement

Autre enseignement de cette enquête 35% des familles ont eu du mal à assurer le suivi scolaire de leurs enfants, notamment les familles monoparentales qui ont été plus souvent concernées par les restrictions d'activité liées à la garde d'enfant pendant le confinement (27% contre 16% du reste de la population).  Vivre en couple semble avoir limité la pénibilité du confinement. Il a été plus pénible pour les personnes seules (31%), cela concerne aussi 30% des ménages regroupant plusieurs familles ou générations. 30% des retraités ont aussi très mal vécu cette période de confinement et 37% des personnes les plus modestes jugent le confinement pénible contre 17% pour les plus aisés.

Cette étude a été réalisée par l’Insee dans le cadre de son enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages. Le questionnaire a été adapté afin d’interroger les Français de métropole sur leurs conditions de vie durant le confinement au travers de vingt questions administrées du 27 avril au 16 mai 2020. Cette période de collecte a eu lieu durant la dernière semaine du confinement (déclaré du 16 mars au 11 mai 2020) et celle qui suit immédiatement. Plus de 1 600 personnes de 15 ans ou plus y ont répondu".

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