Chômage partiel, fonds de solidarité, protection des salariés... Le "8h30 franceinfo" de Muriel Pénicaud

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Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, était l'invitée du "8.30 franceinfo", jeudi 2 avril.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud était l'invitée de franceinfo jeudi 2 avril. De nombreuses questions ont été abordées, en cette période de confinement dû à l'épidémie de coronavirus Covid-19.

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Muriel Pénicaud est revenu sur la prise en charge du chômage partiel durant la crise sanitaire, la "prime Macron" distribuée aux salariés du privé, en réflexion pour les salariés du secteur public. La ministre du Travail a confirmé que les minimas sociaux seront bien versés, et est restée intransigeante concernant la sécurité des salariés sur leur lieu de travail.

"Un salarié sur cinq" au chômage partiel

"400 000 entreprises et 4 millions de salariés" sont au chômage partiel. "C'est un salarié sur cinq", déclare Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Les personnes au chômage partiel touchent 100% de leur rémunération si elles sont au Smic ou en-dessous, les autres 84%. Pour les employeurs qui peuvent compléter jusqu'à 100%, les 16% supplémentaires qu'ils vont payer "ne seront pas soumis aux charges sociales patronales", a assuré Muriel Pénicaud.

"Cela va sauver des millions de personnes qui sinon seraient mises au chômage. On est le pays le plus protecteur d'Europe. En Allemagne c'est 60%, aux Etats-Unis, il n'y a rien et en une semaine 3 millions de personnes ont perdu leur emploi. Le Royaume-Uni, qui n'avait pas de système de chômage partiel, vient d'annoncer qu'ils vont mettre en place un système", a expliqué la ministre du Travail.

"Protéger ses salariés, ce n'est pas négociable"

"Protéger ses salariés, ce n'est pas négociable", a martelé Muriel Pénicaud, qui affirme que "le plus efficace, ce sont les gestes barrière; les masques, ce n'est pas forcément la meilleure solution." 

Pour aider les entreprises, "six guides" ont été publiés mercredi 1er avril, "métier par métier, on dit comment on fait quand on est caissière, quand on est chauffeur-livreur, quand on est agriculteur, qu'on est auxiliaire de vie." Toutes les informations sont données pour "être protégé efficacement".

La "prime Macron" en réflexion pour les salariés du public

La "prime Macron" exceptionnelle de 1 000 euros pourra atteindre 2 000 euros pendant la crise du coronavirus. "Evidemment, c'est d'abord une prime qui permet à des entreprises qui le peuvent et qui le veulent de récompenser les salariés qui vont travailler en présentiel, sur le terrain, et qui font des efforts", a expliqué Muriel Pénicaud. Les 1 000 euros pourront être versés "sans condition".

Il n'y a pas de charge sociales, il n'y a pas d'impôt pour le salarié, il n'y a pas de charges sociales d'impôt pour l'employeur.

Muriel Pénicaud

à franceinfo

Selon la ministre, "s'il y a un accord d'intéressement dans l'entreprise, on pourra aller au-delà, on pourra aller jusqu'à 2 000 euros." Pour ce qui est du secteur public, "on y réfléchit au sein du gouvernement. C'est une réflexion très active ces jours-ci", a déclaré Muriel Pénicaud.

Le fonds de solidarité et les minimas sociaux

Un fonds de solidarité a été mis en place à destination notamment des travailleurs indépendants, des TPE. Il a ouvert mercredi 1er avril. Pour les indépendants, les professions libérales, les micro-entrepreneurs, "les 1 500 euros sont automatiques. Il n'y a pas de dossier à justifier, on donne juste son identifiant."

Un délai supplémentaire sera nécessaire pour ceux qui demandent plus. "Ils peuvent avoir aussi 2 000 euros de plus en avril, s'ils sont menacés de faillite. Là, il faudra quand même un examen du dossier. Mais les 1 500 euros sont automatiques et immédiats. Cette somme sera versée dans les jours qui suivent." Le fonds de solidarité sera accessible "à tous ceux qui ont perdu la moitié de leur chiffre d'affaires."

Qu'en est-il du RSA et des autres allocations ? "Tous les minimas sociaux seront "versés le 5 avril. Il y a sept millions de nos concitoyens qui touchent ces allocations et en ont besoin", a précisé Muriel Pénicaud.

Les coûts de formation des travailleurs au chômage partiel pris en charge à 100%

Le gouvernement va prendre en charge "à 100% les coûts de formation" des personnes se trouvant au chômage partiel à cause du coronavirus, a annoncé la ministre du Travail.

Elle a également annoncé Ie lancement, dès ce jeudi, d'une offre de "220 nouvelles formations" à distance, gratuites voire rémunérées, accessibles via le site de Pôle emploi. Elles concerneront par exemple la vente et la création d'entreprise, mais aussi dans des secteurs comme le bâtiment. "Si vous êtes chez vous, allez vous former, c'est gratuit", a insisté la ministre.

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