Chili : les citoyens autorisés à puiser dans leur épargne-retraite pour faire face à la crise du coronavirus

Des parlementaires chiliens célèbrent le vote autorisant les citoyens à puiser dans leur épargne-retraite pour faire face à la crise du coronavirus, jeudi 23 juillet 2020.
Des parlementaires chiliens célèbrent le vote autorisant les citoyens à puiser dans leur épargne-retraite pour faire face à la crise du coronavirus, jeudi 23 juillet 2020. (FRANCESCO DEGASPERI / AFP)

Moteur du système économique chilien, le fonctionnement des retraites oblige les travailleurs à verser 10% de leur salaire sur un compte individuel géré par des AFPs, des organismes financiers privés chargés de les faire fructifier.

Grande première au Chili, où le système de retraite privé mis en place par la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) n'avait jamais été transformé. Les députés chiliens ont infligé jeudi 23 juillet un camouflet au gouvernement en adoptant définitivement une réforme historique qui permet le retrait anticipé de 10% des fonds de retraite privés pour faire face à la crise provoquée par la pandémie liée au nouveau coronavirus.

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Moteur du système économique chilien, le fonctionnement des retraites oblige les travailleurs à verser 10% de leur salaire sur un compte individuel géré par des AFPs, des organismes financiers privés chargés de les faire fructifier.

La tentation du veto pour Sebastian Piñera

La réforme de ce régime est au cœur des revendications du mouvement de contestation sociale qui a débuté en octobre au Chili, car il a plongé de nombreux Chiliens dans la pauvreté, les condamnant à des retraites inférieures au salaire minimum (301 000 pesos, 375 euros) alors qu'en théorie, il leur promettait de toucher 70% de leur dernier salaire.

La réforme, promue par l'opposition au gouvernement de droite de Sebastian Piñera et massivement approuvée par 116 voix contre 18, va permettre à près de 11 millions de Chiliens de retirer jusqu'à un maximum de 4,3 millions de pesos (4 700 euros) et un minimum d'un million de pesos (1 087 euros) de leurs fonds de pension. Ceux qui auront épargné moins que ce minimum pourront retirer tous leurs fonds.

Mais avant sa promulgation, l'initiative peut encore faire face à un veto du président ou être renvoyée pour examen devant la Cour constitutionnelle, ce qu'anticipent déjà certains élus de droite. Une décision toutefois risquée pour le chef de l'Etat, estimaient les experts, tant la mesure bénéficie d'un immense soutien populaire (plus de 80%), selon plusieurs sondages.

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