"Cette crise vient réanoblir la mission d'éducateur" : à Nogent-sur-Marne, la vie reprend dans le foyer pour mineurs

Un mineur dans sa chambre d\'un centre éducatif. Photo d\'illustration.
Un mineur dans sa chambre d'un centre éducatif. Photo d'illustration. (LOIC VENANCE / AFP)

Les personnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) sont en première ligne durant cette crise sanitaire... Mais dans l'ombre. Ils assurent chaque année le suivi judiciaire de 150 000 jeunes en milieu ouvert, en détention ou dans des foyers.

Assis au soleil sur le petit terrain de foot du foyer à l'enfance Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), Kassim et quatre autres adolescents portent tous un masque. Cet espace extérieur, ça a été leur bulle d'oxygène pendant le confinement, comme la cuisine, et la PlayStation achetée par l'équipe. Du jour au lendemain, tout s'est arrêté : stage, lycée, activités. C'est devenu la vie 24 heures sur 24 dans le foyer. "Au début, c'est venu brutalement, mais après, on s'habitue vite, confie Kassim. Je n'avais pas peur de l'attraper, mais je ne sortais pas trop... Tu peux sortir maintenant, mais il n'y a rien qui a changé."

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Apprendre à ces jeunes les gestes barrières, gérer les tensions inhérentes au confinement... Mais aussi les belles choses, raconte Sophie Moreau, éducatrice dans le foyer. "Des choses peuvent être exacerbées dans l'autre sens, c'est-à-dire encore plus l'adaptation que d'habitude, confie l'éducatrice. Je me rappelle un jour, il y a un jeune qui m'a dit 'c'est la mif', qui veut dire 'c'est la famille', et là ce sont des liens du coeur. On peut créer des liens extrêmement forts, et qui dit aussi tensions, conflits... C'est logique."

Malgré la peur, comme tout le monde, d'attraper le Covid, il est impensable pour ces professionnels de la jeunesse de ne pas être là pour ces adolescents. "Cette crise vient aussi réanoblir la mission d'éducateur et les métiers de la protection judiciaire de la jeunesse", affirme Marion Cerisuela, la directrice des établissements de placement éducatif du Val-de-Marne.

Cela vient dire que ce travail est indispensable, ça nous reconnecte avec les essentiels du métier : héberger et protéger ces jeunes.Marion Cerisuelaà franceinfo

Selon la directrice, "ceux qui ont du rester sur les collectifs sont les vulnérables des vulnérables, puisque ça vient dire que s'ils sont en foyer qu'il n'y a pas de solution familiale, et ça, ça nous ramène à la nécessité de tenir quoi qu'il arrive parce qu'il n'y a pas d'alternative possible."

Seule inquiétude, les possibles effets à retardement du confinement. La psychologue du foyer est particulièrement vigilante au stress post-traumatique chez les jeunes mais aussi chez les professionnels...

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