"L'Ile-de-France, c’est le plus grand désert médical" : des centres de dépistage mobiles du coronavirus dans les quartiers populaires

Un centre de depistage du coronavirus mobile installé dans le quartier des Agnettes à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 27 mai 2020.
Un centre de depistage du coronavirus mobile installé dans le quartier des Agnettes à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 27 mai 2020. (VALENTIN DUNATE / RADIO FRANCE)

Malgré un nombre important de médecins, certains endroits de la région parisienne sont des déserts médicaux. Un dépistage du Covid-19 gratuit et facile d'accès est donc proposé dans des quartiers populaires, comme Les Agnettes, à Gennevilliers.

"Est-ce que vous avez des symptômes de la maladie ? De la toux, de la fièvre ou de la fatigue ? Pas du tout ? Je vais noter : pas de symptôme." Sous l’une des trois tentes installée dans le quartier des Agnettes, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), mercredi 27 mai, le docteur Du Boishamon est chargée de recueillir les données médicales avant les prélèvements. Dans les quartiers populaires de la région parisienne, des centres de dépistage du Covid-19 mobiles sont mis en place pour permettre aux habitants de se faire tester gratuitement et sans rendez-vous.

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"Vous êtes combien de personnes à habiter à la maison ?", continue de questionner la médecin bénévole qui travaille en temps normal à la protection maternelle et infantile. "C’est pour rendre service à la population, explique le docteur Du Boishamon. Il y a certaines personnes, selon leurs antécédents médicaux ou des personnes qui sont à risque dans leur famille, qui ont besoin de savoir si elles sont potentiellement porteuses du virus, même si elles n’ont pas de symptôme, ce n’est pas le diagnostic sérologique qui doit dire si on l’a eu."

Plus grand désert médical d'Ile-de-France

Pas besoin de justificatifs, une pièce d’identité suffit, le rendez-vous est gratuit et sans prescription médicale. Et ça change tout, comme l’explique Monique Revelli, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) : "L'Ile-de-France, c’est le plus grand désert médical. Et même dans les Hauts-de-Seine, alors qu’il y a une densité médicale assez importante, il y a certains quartiers où il y peu d’implantation de médecins. Donc, ça leur permet aussi d’avoir recours à un médecin, et à du personnel infirmier, beaucoup plus facilement."

La difficulté d’accès aux soins dans ce quartier, c'est en effet l’un des problèmes qui a conduit Michelle, 65 ans, à venir réaliser ce test. "C’est compliqué, on ne peut pas avoir son médecin traitant, donc c’était une belle opportunité pour que je vienne aujourd’hui, indique-t-elle. J’attends patiemment mon tour."

C’est surtout par rapport à ma mère qui à 89 ans, je ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose alors qu’elle a fait très attention et moi aussi jusqu’à présent.Michelle, 65 ansà franceinfo

Ces dépistages dans les quartiers populaires vont se poursuivre dans les prochaines semaines. Jeudi 28 mai, les équipes mobiles sont notamment attendues à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise.

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