C'est mon boulot. Pendant l’épidémie de Covid-19, les nouvelles prérogatives des médecins du travail

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Une nouvelle ordonnance, publiée mercredi, permet aux médecins du travail de s’engager plus franchement dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, notamment en faisant passer des tests aux salariés.

C’est la grande nouveauté, annoncée par l’entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud mercredi 1er avril : une nouvelle ordonnance, la neuvième en deux semaines, élargit les compétences des services de santé au travail. Mesure la plus spectaculaire : les médecins du travail vont désormais pouvoir faire passer des tests aux salariés pour savoir s’ils ont été infectés par le Covid-19. La formulation utilisée mercredi par le cabinet du ministre est très claire : "L’objectif est d’associer les services de santé au travail à une politique de test plus massifs dans une perspective de sortie du confinement." Reste à savoir comment et quand les médecins du travail et les infirmières pourront se procurer les tests. Qui leur fournira. Des questions toujours en suspens...

Ils pourront prescrire des arrêts de travail

Autre avancée : les médecins du travail pourront prescrire des arrêts de travail. Exactement comme un médecin généraliste. Vous pouvez donc aller trouver votre médecin du travail pour qu’il vous arrête, par exemple parce que vous présentez des symptômes, parce que vous êtes considéré comme une personne plus à risque que les autres. Le nouveau texte renforce les pouvoirs du médecin du travail. Ils vont aussi veiller à ce que les mesures de protection des salariés soient respectées… Nous en parlions il y a quelques jours : le gouvernement est en train de publier des fiches, des guides de bonnes pratiques adaptées à chaque métier. Caissières, employés de boulangerie, salariés des garages ou chauffeurs livreurs. Six ont été rendues publiques.

Les services de santé au travail sont invités à veiller à la bonne mise en oeuvre de ces conseils, qui ont valeur normative, qui s’imposent aux entreprises, sous peine de sanctions, comme l’a précisé la ministre du Travail. Les infirmières et les médecins ne vont pas faire du contrôle et encore moins de la sanction - cela relève de la compétence des inspecteurs du travail - mais ils vont conseiller les employeurs dans leur mise en oeuvre. Le gouvernement veut qu’ils portent la bonne parole en entreprise.

Les services de santé au travail appelés à libérer du temps

Enfin les services de santé au travail sont invités à libérer du temps pour lutter pleinement contre l’épidémie. Seules les visites médicales d’embauche et les visites concernant les personnes vulnérables sont maintenues. Tout le reste est reporté. Douze mille personnes, médecins, infirmiers, soignants, travaillent en France dans un service de santé au travail, qu’il soit intégré à une entreprise, pour les plus grosses, ou commun à plusieurs établissements, pour les plus petites.

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