Avec la crise du coronavirus, les managers doivent se réinventer

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Il faut retrouver du plaisir à travailler et les patrons doivent tenir compte du désir d’autonomie. C'est entre autre ce qui ressort d'une étude réalisée par la fondation Jean-Jaurès. 

La crise sanitaire et économique a aussi des conséquences sur le management. La Fondation Jean-Jaurès publie une étude sur le sujet, intitulée "Le management est-il mort ?" Elle donne des pistes pour sa survie. Le groupe de réflexion classé à gauche voit dans la crise du coronavirus également une crise managériale. Selon la fondation Jean-Jaurès, il y aura un avant et un après Covid-19 pour les managers, qui devraient désormais mettre en place un management "collectif, humble et empathique qui ne pourra pas se contenter de calquer les méthodes issues d’une époque où l’on ne risquait pas sa vie et celle de ses proches en sortant de chez soi".

Le premier défi est d’écouter et de remobiliser. "Les gens ont besoin de comprendre", souligne la fondation Jean-Jaurès. Et notamment il faut comprendre ce qui va évoluer dans l’entreprise qui les emploie, et comprendre leur rôle dans ce nouveau système. Le rapport souligne notamment qu’il va être difficile de raccomoder les morceaux entre certains salariés qui ont fait partie de la première ligne, qui ont été très mobilisés pendant la crise, et d’autres, mis au chômage partiel, qui ont pu se considérer comme non essentiels. Il y a donc un gros travail de communication et de dialogue à faire.

Un changement du rapport au travail

Autre défi, introduire de la solidarité dans les équipes. Certains salariés ont été touchés par le virus, d’autres ont été éloignés du travail parce qu’ils ont dû prendre en charge de jeunes enfants ou des parents âgés. Il faut organiser le passage entre les salariés touchés et ceux qui ont été préservés, sans accabler ces derniers de travail. Il faut absolument, prévient la fondation, que les managers soient moins dans le contrôle et plus dans une démarche collaborative.

L’étude estime que le confinement a amené chacun à revoir son propre rapport au travail. Avec à la clé, un plaisir à travailler de façon plus autonome et sans patron. Cette aspiration à l’indépendance pourrait en amener certains à se détacher de leur entreprise et à avoir envie de voler de leurs propres ailes, de se lancer en indépendant. Les managers doivent absolument tenir compte de ce désir d’autonomie et ne pas essayer de faire comme avant.

Enfin, le goût que beaucoup ont pris au télétravail – plusieurs études montrent que les trois-quarts des cinq millions de salariés concernés veulent pratiquer davantage cette formule à l’avenir – devrait pousser les managers à favoriser le travail dans des tiers-lieux, comme notamment les espaces de coworking, les succursales ou les locaux disponibles dans d’autres entreprises. L’important, c’est que ces lieux soient proches du domicile du travailleur. Cette aspiration, souligne le rapport, ne doit surtout pas être niée par les managers.
 

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