Attestation de déplacement : un homme porte plainte auprès de la police des polices après un contrôle violent

Police (illustration).
Police (illustration). (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Sorti sans attestation pour faire des réparations sur sa voiture, un résident du Val-d'Oise assure que les policiers ont été inexplicablement violents avec lui. Les agents disent eux avoir essuyé coups et insultes de la part du trentenaire.

Après un contrôle de l'attestation de déplacement dérogatoire au cours duquel il dit avoir été violenté, un habitant de Saint-Ouen-L'Aumône (Val-d'Oise) va porter plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), révèle France Inter.

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Le jour du contrôle, Kevin Limoucin, 30 ans, se trouvait en bas de son immeuble où il vit depuis six mois avec sa compagne qu'il a rejointe depuis la Martinique avant la naissance de leur fille. "J'avais un petit souci sur ma voiture, je voulais changer les bougies si jamais il arrivait quelque chose avec mon bébé. Je venais de finir, je rentrais chez moi, lorsqu'un policier m'a dit : 'Contrôle'", explique-t-il à France Inter.

Une source policière confirme qu'il s'agissait effectivement d'une opération de contrôle du respect des règles de confinement, dans le quartier de Chennevières, lieu connu des forces de l'ordre pour être un point de deal. Un premier policier demande à voir son attestation : "Il ne m'a même pas dit bonjour, il m'a dit d'enlever ma casquette et de lui donner mon attestation. Je lui ai dit que j'étais devant la maison", relate Kevin Limoucin selon qui le contrôle a très vite dégénéré. Les policiers le tiennent, mettent "leur genou sur (sa) tête", explique-t-il.

Ils m'ont menotté et donné des coups de taser sur la cuisse. Kevin Limoucinà France Inter

"Ils ont bien insisté, poursuit Kevin Limoucin. Ça m'a tellement fait mal que je n'arrivais plus à respirer."

Sur des images, tournées par des voisins, on entend des habitants du quartier protester lorsque les policiers utilisent leur taser. Les policiers se justifient. Selon eux, le trentenaire aurait donné un coup de poing au visage de l’un d’eux et un autre aurait été traité de "sale blanc". Kevin, lui, nie toute agressivité de sa part et assure que les policiers ne lui "ont même pas parlé d'amende". Ils étaient "tellement agressifs. Ils me disaient : 'Alors, tu chiales, hein ? Tu chiales ?' Mais ils ne m'ont pas parlé d'amende. De toute façon, je n'avais pas d'attestation donc je l'aurais payée".

Cinq jours d'ITT et une comparution pour outrage et rébellion

Après sa garde à vue, le médecin a prescrit cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT) et identifié des marques compatibles avec les lésions causées par un taser. "J'ai des marques sur le dos, sur la cuisse, mon visage était gonflé", énumère Kevin Limoucin. "Ça a été violent. Je ne sais pas pourquoi la police française en arrive à faire ça, mais ce n'est pas normal", déplore Kevin Limoucin qui sera jugé en mars 2021 pour outrage et rébellion. Il a décidé de porter plainte auprès de l’IGPN.

Ce jour-là, quatre autres personnes ont été interpellées lors de ce contrôle : trois pour non-respect du confinement et une personne en possession de plus de 600 grammes de cannabis.

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