Appel à aider les agriculteurs pendant la pandémie de coronavirus : "Beaucoup de gens se mobilisent" affirme le président des Jeunes agriculteurs

Les fraisiculteurs sont particulièrement dépendant de la main d\'œuvre étrangère. 
Les fraisiculteurs sont particulièrement dépendant de la main d'œuvre étrangère.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

Sébastien Vandaele, président du syndicat des Jeunes agriculteurs, affirme que près de 100 000 personnes se sont portées volontaires pour aider les agriculteurs, privés de main d'œuvre à cause des mesures de confinement. 

Si une bonne partie du pays est à l'arrêt, confiné, l'activité dans les champs n'a pas cessé. Pour pallier le manque de main d'œuvre, notamment étrangère, le ministère de l'Agriculture a lancé jeudi 26 mars une plateforme en ligne. "Beaucoup de gens se mobilisent pour venir aider les agriculteurs en cette période de crise", se réjoui ce vendredi 27 mars Sébastien Vandaele, président des Jeunes agriculteurs, invité de franceinfo. 

franceinfo. Il y avait 40 000 volontaires hier. Où en êtes-vous ce vendredi ?

On est à près à 100 000 volontaires. C'est une très bonne nouvelle. Beaucoup de gens se mobilisent au travers de la plateforme pour venir aider les agriculteurs dans cette période de crise, afin de pouvoir récolter l'ensemble des fruits et légumes que nos concitoyens attendent dans leurs assiettes. C'est aussi certainement un des moyens de pouvoir rallier ces concitoyens à l'agriculture, qui est quand même la base de notre vie et de notre alimentation.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a appelé sur franceinfo au patriotisme économique, en demandant à la grande distribution de s'approvisionner auprès des agriculteurs français. Est ce que ça fonctionne ?

L'ensemble des magasins commence à jouer le jeu. On le voit sur les spots publicitaires, sur les radios et à la télé, où les magasins mettent en avant l'ensemble de nos produits pour écouler des stocks. La grande distribution se met en route vers des produits français et de saison. Ils ouvrent leurs magasins pour que des producteurs locaux puissent venir directement amener leurs surplus de marchandises pour pouvoir les commercialiser. C’est une très bonne chose. C'est peut-être un peu dommage qu'on en arrive à une crise sanitaire telle qu'on la vit aujourd'hui pour que ça se mette en route. En attendant, je pense qu'il faut capitaliser là-dessus pour la suite parce qu'il faudra aussi tirer un certain nombre de conséquences de cette crise mais je pense que ça va dans le bon sens.

S'il y a 100 000 citoyens qui vont aux champs dans les semaines à venir, pensez-vous que ça va les rapprocher de vous ?

Bien sûr, on est dans un état de crise donc ce qui est important pour nous c’est de pouvoir continuer à nourrir nos concitoyens français et à sortir l'ensemble des productions de nos champs pour pouvoir continuer une activité économique.(…) On va donc rapprocher nos concitoyens de nos exploitations, expliquer nos pratiques et nos façons de faire, nos produits... Tout cela en gardant bien sûr des règles assez strictes sur les conditions de travail au niveau sanitaire pour que ce travail dans les champs n'augmente pas l'épidémie. C'est une très bonne chose pour l'agriculture mais aussi pour nos concitoyens qui vont avoir un peu de retour aux sources.

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