Amsterdam veut changer de type de touristes : "Il y a les canaux classés, il y a l’histoire, les musées, l’art !"

Amsterdam ne veut plus être le \"paradis\" des enterrements de vie de garçons (Le quartier rouge, photo d\'illustration).
Amsterdam ne veut plus être le "paradis" des enterrements de vie de garçons (Le quartier rouge, photo d'illustration). (PAUL TOLENAAR/ / MAXPPP)

Plusieurs associations de résidents du quartier historique s'inquiètent du retour, à la faveur de la réouverture des frontières, de certains touristes, plus attirés par le quartier rouge et les coffee-shop que par le patrimoine architectural et culturel de la ville.

À l'annonce de la réouverture des frontières européennes lundi 15 juin, plusieurs associations de résidents du quartier historique d'Amsterdam, aux Pays-Bas, demandent à la municipalité d’accélérer ses projets pour lutter contre les nuisances liées au tourisme de masse. Avec la multiplication des vols low cost, les prostituées en vitrine et les stupéfiants en vente libre, Amsterdam est notamment devenue le paradis des enterrements de vie de garçons. Et chaque année, la ville accueille dix-huit fois plus de touristes que son nombre d’habitants.

Un jeune Néerlandais, assis au bord du canal, passe un coup de fil. À ses pieds, des canards s’en donnent à cœur joie entre les bateaux bâchés à quai. "C’est le quartier rouge ici", indique Lex, guide touristique à Amsterdam. "Avant la crise, parfois je me trouvais dans un bouchon de promeneurs. C’était déjà la grande fête à partir de midi ici !", se souvient-il. Anita, elle, vit dans une maison toute en hauteur, près des canaux. Elle milite activement pour ne jamais revoir ce type de touristes aux Pays-Bas : "Ce sont beaucoup de jeunes qui n’ont aucune conscience que toi, la nuit, tu veux dormir parce que le lendemain, tu travailles", décrit-elle.

Ils sont saoûls, ils ont fumé, c’est sale, tu vois partout des bouteilles cassées la nuit… Trop, c’est trop !Anita, une habitante d'Amsterdamà franceinfo

Paradoxalement, le coronavirus a été synonyme pour elle de soulagement : "Pour nous c’était un paradis. On a retrouvé notre ville, les gens se disaient bonjour. Comme c’était avant."

"Ce n’est pas la bonne image de la ville"

Bars et restaurants ont rouverts début juin mais les rideaux rouges des vitrines des prostituées resteront fermés jusqu’en septembre. La municipalité réfléchit à les déménager dans un centre érotique en périphérie de la ville. Avant la crise du Covid-19, on avait déjà pris des mesures, explique la maire d’arrondissement : visites guidées interdites devant ces vitrines, taxes de séjour et amendes en hausse pour tapage nocturne, limitation des AirBnb. "Ce n’est pas la bonne image de la ville, défend l’élue. Il y a tellement de choses à voir ici.Il y a les canaux classés au patrimoine mondial de l’Unesco, il y a l’histoire d’Asmterdam, les musées, l’art !"   

Mais le sujet, explosif, enflamme les relations avec les professionnels du tourisme mis à genou par la pandémie.  "Nous avons investi, nous payons des taxes ! La ville en bénéficie, se désole la gérante de l’Hôtel Rho. Tout cela est très injuste."

Amsterdam ne veut plus du tourisme de masse. Reportage d'Angélique Bouin.
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