Allègement du protocole sanitaire : "On est en train de remettre l'enfant au cœur de la crèche", se réjouit la Fédération française des entreprises de crèches

(LOIC VENANCE / AFP)

Les professionnels de l'accueil des enfants en bas âge se préparent à les accueillir dès lundi avec un protocole sanitaire allégé.

Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches, s'est réjouie sur franceinfo mercredi 17 juin de pouvoir "remettre l'enfant au cœur de la crèche" alors que les professionnels de l'accueil des enfants en bas âge se préparent à les accueillir dès lundi avec un protocole sanitaire allégé.

franceinfo : On va pouvoir reprendre une vie normale dans les crèches ?

Elsa Hervy : On est aujourd'hui en train de remettre l'enfant au cœur de la crèche. On a rouvert le 11 mai en mettant les précautions sanitaires et en faisant passer ensuite les besoins de l'enfant. À partir du 22 juin, on fait d'abord passer en premier les besoins de l'enfant, tout en veillant à respecter un protocole sanitaire qui nous permet de contribuer à la non-reprise de l'épidémie de coronavirus.

Comment les enfants ont-ils réagi à tous ces changements ?

Les enfants semblaient extrêmement bien vivre cet accueil, y compris par les professionnels masqués. Mais pour autant, les études des pédiatres et les alertes majeures des pédiatres sur le fait qu'il peut y avoir des effets sur les enfants ont été entendues. On n'est pas pédiatres nous-mêmes, mais lorsque les spécialistes du développement de l'enfant nous alertent sur le fait qu'il peut y avoir des séquelles, il convient de s'interroger et de remettre le besoin de l'enfant au cœur. Et manifestement, un petit enfant n'a pas encore le geste qu'on appelle 'la notion de la permanence de l'objet'. C'est-à-dire que quand on est caché derrière un masque, il ne sait pas qu'on est encore derrière le masque. Il ne va l'apprendre qu'entre un an et deux ans. Ces tout petits avaient besoin de nous voir, donc on enlevait et on remettait nos masques pour qu'ils voient nos bouches. On a même inventé des masques transparents pour qu'ils puissent continuer à voir nos bouches et nos expressions. Mais pouvoir enlever les masques pour mieux accueillir les enfants, c'est pour nous effectivement une belle nouveauté, une belle avancée.

Les parents doivent-ils avoir accès aux espaces communs ?

Oui, il faut que les parents soient rassurés. Les parents ont besoin de savoir que leur enfant est accueilli en qualité, avec bienveillance par les professionnels. Ils font confiance et à raison aux professionnels des crèches. Mais ça les rassure encore plus quand ils voient la petite salle où va s'épanouir leur enfant de 3 mois à 3 ans pendant la journée. Il voit qu'il y a suffisamment de jeux et que tout va très bien se passer.

Devez-vous adapter les locaux ?

Non. Le 11 mai, on nous a demandé d'ouvrir à 50% de capacité, c'est-à-dire d'avoir des groupes de dix enfants qui ne peuvent pas se croiser. Depuis lundi, nous n'avons plus cette contrainte. Donc, nous réutilisons nos locaux de manière normale et classique comme les parents les connaissent. Nous les nettoyons juste beaucoup plus souvent et nous allons continuer à les nettoyer beaucoup plus souvent, y compris tous les jouets qui sont à disposition des enfants. Il faut savoir qu'en crèche, nous sommes habitués à gérer les épidémies, que ce soit la grippe, la varicelle, la gastro-entérite. Cela fait partie de notre métier de veiller à la sécurité sanitaire des enfants. Ce que démontre le coronavirus, c'est que c'est un virus qui doit se nettoyer comme quand on a les épidémies de grippe, de gastro-entérite, de varicelle. Donc on va avoir nos protocoles d'hygiène, ce qu'on appelle de routine, qui sont manifestement suffisants avec un protocole renforcé lorsqu'il y aura eu une suspicion de coronavirus ou un cas de coronavirus confirmé auprès des professionnels ou auprès des enfants.

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