Aides à l'achat, primes à la conversion, discussions avec Renault... Ce qu'il faut retenir du plan de huit milliards d'euros pour la filière automobile dévoilé par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron présente son plan de soutien au secteur automobile lors d\'un discours  dans l\'usine Valeo d\'Etaples (Pas-de-Calais), le 26 mai 2020.
Emmanuel Macron présente son plan de soutien au secteur automobile lors d'un discours  dans l'usine Valeo d'Etaples (Pas-de-Calais), le 26 mai 2020. (MAXPPP)

Depuis une usine de l'équipementier automobile Valéo, à Etaples (Pas-de-Calais), le président de la République a détaillé mardi un plan de soutien pour l'industrie automobile, touchée de plein fouet par la crise consécutive à l'épidémie de coronavirus.

Il avait promis un plan de soutien "massif". Emmanuel Macron a annoncé, mardi 26 mai, une enveloppe de 8 milliards d'euros pour aider la filière automobile, lourdement touchée par la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Franceinfo détaille ce qu'il faut retenir de la série de mesures annoncées par le chef de l'Etat depuis une usine de l'équipementier Valéo, à Etaples (Pas-de-Calais).

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Des primes à la conversion et aides à l'achat allant de 2 000 à 7 000 euros pour des véhicules hybrides ou électriques

Comme attendu, et pour relancer les ventes, Emmanuel Macron a annoncé l'augmentation du bonus écologique pour l'achat d'un véhicule électrique neuf : ce dernier s'élève à 7 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique neuf par un particulier.

Pour les entreprises et collectivités, ce bonus s'élèvera à 5 000 euros. Un bonus de 2 000 euros sera enfin créé pour les véhicules hybrides rechargeables.

Il faut que nos concitoyens achètent davantage de véhicules et en particulier de véhicules propres, pas dans deux, cinq ou dix ans. Maintenant.Emmanuel Macron

Le président de la République a également annoncé une prime à la conversion d'un montant de 3 000 euros à l'achat d'une voiture hybride neuve, 5 000 euros pour une électrique, à partir du 1er juin et dans la limite de 200 000 véhicules. "Un particulier qui met au rebut son véhicule polluant diesel ou essence" recevra une aide de 3 000 euros, augmentée à 5 000 euros en cas d'achat d'un véhicule électrique, a-t-il expliqué, assurant que "les trois-quarts" des Français pourront en bénéficier, la mesure s'appliquant à un revenu fiscal de référence inférieur à 18 000 euros net. 

Des discussions et des annonces sur Renault

Emmanuel Macron a demandé à ce que les salariés de Renault des sites de Maubeuge et Douai puissent avoir des garanties sur leur emploi. Le prêt de cinq milliards d'euros promis par le gouvernement français au groupe dépendra ainsi de l'issue d'une table ronde entre le constructeur, les syndicats et les élus concernés par l'avenir des sites industriels du groupe au losange, a déclaré le président de la République.

"Le ministre de l'Economie présidera dès lundi une table ronde avec Renault, l'ensemble des industriels et sous-traitants concernés, les syndicats, les élus qui sont aussi concernés pour, dans le dialogue, trouver les solutions qui permettent précisément d'être au rendez-vous de l'ambition industrielle que nous nous donnons", a déclaré le président de la République.

Le prêt de cinq milliards d'euros de l'Etat ne saurait être conclu avant que ces discussions n'aboutissent et il dépendra de l'issue de celles-ci.Emmanuel Macron

Par ailleurs, Emmanuel Macron a annoncé que le constructeur automobile avait accepté "de rejoindre le programme européen de batteries électriques" porté par le concurrent PSA (Peugeot, Citroën, Opel) et le groupe Saft, filiale de Total. Renault va "rentrer au capital et développer aussi le projet", a-t-il déclaré. Cette décision fait partie des engagements exigés par l'Etat français afin de promouvoir la production en France, en contrepartie des aides apportées à la filière. 

Car pour l'instant, les batteries pour véhicules électriques sont fabriquées presque exclusivement en Asie (Japon, Corée, Chine). En décembre dernier, la Commission européenne a autorisé sept Etats membres (France, Allemagne, Belgique, Finlande, Italie, Pologne, Suède) à investir conjointement 3,2 milliards d'euros pour développer des batteries électriques "européennes". 

Renault, a poursuivi Emmanuel Macron, a par ailleurs décidé de "développer le nouveau moteur électrique de l'alliance à Cléon (Haute-Normandie) projet initialement prévu en Asie".

"Faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe"

L'objectif est de "faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe, en portant à plus d'un million par an sous cinq ans la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides" dans le pays, a déclaré Emmanuel Macron, au côté des ministres de la Transition écologique Elisabeth Borne et de l'Economie Bruno Le Maire. "C'est tout le sens du plan de soutien et de relance", a insisté le chef de l'Etat.

L'objectif de 100 000 bornes électriques en France avancé à 2021

"Parce qu'il ne peut y avoir de véhicules électriques sans système de recharge, nous accélérons également le déploiement des bornes électriques sur tout le territoire", a fait valoir Emmanuel Macron.

Un objectif de 100 000 bornes électriques sur l'ensemble du territoire était fixé pour la fin de l'année 2022, il est désormais avancé à la fin de l'année 2021.

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