AVC : pas le temps de tergiverser

FAIT DIVERS - Un mal à la tête inhabituel, une perte de sensibilité progressive de la jambe, une douleur au bras... Durant trois heures, une postière de Villeneuve-d’Ascq demande à interrompre son travail, sans que son état soit réellement pris au sérieux par sa hiérarchie. Lorsque les secours la prennent finalement en charge, le diagnostic est posé : c'est un accident vasculaire cérébral. Récemment médiatisé, ce fait divers qui remonte à février dernier, a débouché en mars 2016 sur une plainte pour "non-assistance à personne en danger."

Début mars 2016, Emeline Broequevielle, postière à Villeneuve d’Ascq, a déposé plainte contre ses trois supérieurs hiérarchiques présents le jour de son AVC, pour non assistance à personne en danger.

Son récit, notamment relaté par France 3 Nord Pas-de-Calais, démontre à quel point les symptômes et les dangers des accidents vasculaires cérébraux sont encore méconnus.

Levée tôt avec un sentiment général de malaise, elle arrive à 6h30 sur son lieu de travail.  "J'avais vraiment mal à la tête, mais un mal de tête pas comme d'habitude. Je commençais à ne plus sentir ma jambe et j'avais mal au bras", confie-t-elle à France 3. "J'étais en train de classer tout le courrier dans le sens de ma tournée. Je le faisais avec la tête dans les mains". Elle fait part de son état à l’un de ses supérieurs, qui lui aurait simplement rétorqué : "Ce que tu fais debout, tu peux le faire assise. (...) Je suis allée plusieurs fois dans le bureau du chef pour dire que je ne me sentais pas bien. On m'a dit de finir mon travail et qu'ensuite, on appellerait les pompiers."

En dépit des alertes d’un membre du CHSCT [1], trois heures seront nécessaires avant que les secours ne soient appelés. Selon les informations rapportées par France 3, "le côté droit du cerveau est atteint. Lors des examens, une fissure est également constatée sur une valve du coeur. La jeune mère de famille est placée en soins intensifs durant six jours".

Les séquelles de l'accident sont nombreuses, et probablement démultipliées par le retard de la prise en charge. "Je boîte bien, j'ai un cachet à vie pour fluidifier le sang et des anti-douleurs, confie-t-elle. Je ne peux plus faire ce que je veux avec mes enfants en bas âge, et dès que j'ai une distance à parcourir, je dois prendre les béquilles."

Emeline Broequevielle ne fumait pas, ne buvait pas, et n'avait jamais eu de problème de santé notable (voir encadré).

L'accident vasculaire cérébral frappe une personne toutes les 5 secondes dans le monde. En France, près de 130.000 personnes en sont victimes chaque année selon la Société française neuro-vasculaire (SFNV). Ces attaques potentiellement mortelles doivent être traitées en urgence car chaque minute compte.

Ces signes qui doivent alerter…

Pour agir le plus rapidement possible, il convient de reconnaître les symptômes de l'AVC :

  • un engourdissement, une faiblesse ou une paralysie d'apparition brutale d'une moitié du corps, d'un bras, d'une jambe ou du visage ;
  • des difficultés à parler ;
  • une diminution brutale de la vision d'un œil ;
  • des troubles de l'équilibre, de la marche ;
  • un fort mal de tête soudain et sans cause connue.

Ces symptômes doivent absolument alerter, même s'ils sont brefs et diminuent progressivement en quelques minutes. Il ne faut surtout pas mésestimer ces différents signes avant-coureurs.

Le premier réflexe doit être d’appeler le 15 (SAMU) en France, ou le 112 en Europe, afin d'orienter le patient dans une unité de soins spécialisés sans passer par les Urgences. Un gain de temps indispensable qui permet de limiter les risques de lésions irréversibles ou de décès.

L'AVC est la première cause de handicap en France.


[1] France 3 souligne que le syndicaliste fait, depuis l’événement, l'objet "d'une mise à pied et d'une procédure disciplinaire, après avoir demandé la réunion de deux CHSCT extraordinaires et lancé une enquête sur ce qu'il s'est passé ce matin là".

Vous êtes à nouveau en ligne