Autisme : la proposition de résolution "pour les pratiques scientifiquement validées" rejetée

L'Assemblée nationale a rejeté ce 8 décembre un texte controversé porté par une centaine de député, invitant à e réallouer les financements pour la prise en charge de l’autisme aux "approches validées scientifiquement et ayant fait preuve de leur efficacité" – avec pour implication l’interdiction de pratiques psychanalytiques.

Le texte de Daniel Fasquelle (LR) entendait inciter le gouvernement à ne plus financer les prises en charge psychanalytiques et à pénaliser les professionnels de santé "qui s’opposent aux avancées scientifiques et commettent des erreurs médicales en matière d'autisme".

"Sortons du Moyen Âge dans le traitement de l'autisme et redonnons espoir aux familles", a lancé depuis la tribune M. Fasquelle, qui soutient "les méthodes éducatives et comportementales", recommandées par la Haute Autorité de santé (HAS) depuis 2012 et mises en oeuvre en particulier au Canada et en Belgique. "Les principales instances de la psychiatrie française d'obédience psychanalytique refusent de les appliquer", a-t-il dénoncé, évoquant une "colère" des familles touchées.

Les principales associations dédiées à l'autisme, rassemblant notamment les familles (Agir et vivre l'autisme, Vaincre l'autisme, Asperger aide France, Collectif Egalited, Autistes sans frontières, Maison de l'autisme...) avaient appelé à soutenir le texte. Beaucoup dénoncent depuis de longues années le retard de la France en terme de prises en charge adaptées et réellement efficaces.

Mais il n'a trouvé le soutien d'aucun autre groupe politique et même son collègue LR Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession, s'est élevé contre "un texte dépassé", affirmant qu’une pluralité d’approches pouvait se justifier pour traiter "les autismes" et qu’imposer des méthodes aux soignants par voie législative constituait une "dérive dangereuse".

Il a été rejoint en cela par la secrétaire d'État ainsi que des députés de tous bords. Le socialiste Denys Robiliard a comparé la démarche de Daniel Fasquelle – qui demandait pourtant à ce que soit reconnu un consensus scientifique international, contre des techniques à l’inefficacité prouvée – à la science d’état stalinienne, jugeant le texte écrit "par un Lyssenko au petit pied".

Les socialistes, élus du Front de gauche et centristes ont indiqué voter contre, les radicaux de gauche se sont abstenus.