18.000 nouveaux cas par an : que savez-vous vraiment des lymphomes ?

Le lymphome, une des formes de cancer dont la fréquence augmente le plus, reste mal connue tant du grand public que des patients eux-mêmes, selon une enquête de l'association France Lymphome Espoir, rendue publique ce 12 septembre. Entretien avec le Dr Pauline Brice, présidente du comité scientifique France Lymphome Espoir, invitée dans "Le magazine de la santé" le 13 septembre 2016.  

Seuls 70% des malades en France connaissent le type de lymphome dont ils sont atteints alors qu'il en existe une soixantaine et 54% ont compris quelles étaient les caractéristiques du lymphome qui les touche, montre cette enquête, réalisée à l'occasion de la Journée mondiale du lymphome, qui se déroulera jeudi 15 septembre.

Ces cancers du système lymphatique se scindent en deux grandes catégories. Les lymphomes hodgkiniens, ou "maladie de Hodgkin", sont les plus connus, mais représentent moins de 15% des cas. Les 85% restants sont des dits lymphomes non-hodgkiniens. Leur nombre a augmenté de près de 5% par an au cours des dernières décennies.

Les premiers se manifestent essentiellement dans les ganglions lymphatiques tandis que les seconds, plus hétérogènes, se développent également dans des sites éloignés, comme la rate et la moelle osseuse.

Un cancer commun

Plus de 18.000 nouveaux cas de lymphomes sont diagnostiqués chaque année en France (et environ 256.000 dans le monde), ce qui en fait le cancer le plus commun chez les adolescents et les jeunes adultes, et le cinquième chez les adultes. Se développant dans le système lymphatique, ils sont responsables de 4.000 décès par an en France.

Ses causes sont inconnues, mais il est admis que certains produits chimiques et des facteurs environnementaux pourraient favoriser son développement, a précisé France Lymphome Espoir, dans un communiqué. Souvent difficile à diagnostiquer, ce cancer se manifeste par des gonflements des ganglions, une forte fatigue ou souvent des démangeaisons permanentes.

Alors que, grâce aux progrès des traitements, le nombre de patients en rémission augmente, leurs préoccupations se portent davantage sur les effets psychosociaux à long terme de la maladie, a souligné l'association créée en 2006.

Selon l'enquête, réalisée auprès de 668 personnes - des patients ou leurs proches - les deux tiers des patients français ont peur de la rechute, tandis qu'un tiers a connu une modification de son image physique et de ses relations sociales, et près d'un quart (23%), une dépression ou une baisse de l'estime de soi.

Près de la moitié des malades se sentent également "plus dépendants" du fait de la maladie, 28% ayant même déménagé pour habiter avec un proche. Enfin, une personne sur cinq victime d'un lymphome a perdu son emploi ou rencontré des difficultés professionnelles ou scolaires.

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