Les malades schizophrènes et bipolaires sont plus souvent victimes de violences qu'auteurs de crimes

Photo prise à l\'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, en 2007.
Photo prise à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, en 2007. (AFP/JOEL SAGET)

C'est ce qui ressort du rapport de la Haute autorité de santé, publié le 7 juillet. Selon le Pr Senon, psychiatre du CHU de Poitiers qui a présidé la commission d'audition réunie par l'HAS, de 2 à 5% des homicides sont "commis par des malades mentaux".1% de la population française souffre de troubles schizophréniques et 1% de troubles bipolaires.

C'est ce qui ressort du rapport de la Haute autorité de santé, publié le 7 juillet. Selon le Pr Senon, psychiatre du CHU de Poitiers qui a présidé la commission d'audition réunie par l'HAS, de 2 à 5% des homicides sont "commis par des malades mentaux".

1% de la population française souffre de troubles schizophréniques et 1% de troubles bipolaires.

Ce qui équivaut à un million de personnes environ. "Pour les agressions sexuelles, les malades mentaux sont très peu représentés (moins de 5%)", a précisé Jean-Louis Senon, avant d'ajouter: "Les passages à l'acte violent des malades mentaux sont l'exception et on sait très bien qu'ils sont en revanche beaucoup plus souvent victimes: ils sont 7 à 17 fois plus fréquemment victimes de violences que la population générale".

Mais cette violence existe et il est de notre devoir de mieux la dépister, a lancé le spécialiste.

Mieux repérer les facteurs de risque
Le rapport de l'HAS sur la dangerosité psychiatrique, qui dresse un état des connaissances "rigoureux", vise à aider les professionnels de santé à mieux connaître et repérer les signes d'alerte afin d'anticiper et prévenir la survenue d'actes violents par une prise en charge adaptée.

Les antécédents de violence commise ou subie, notamment dans l'enfance, la précarisation, les difficultés d'insertion sociale, l'isolement ainsi que l'abus ou la dépendance à l'alcool ou à d'autres substances psycho-actives, l'âge (moins de 40 ans), une rupture des soins font partie des facteurs de risque.

Etre attentif et à l'écoute des proches permet souvent de désamorcer un possible passage à l'acte violent, en tenant compte de signes d'alertes (reprise de délire de persécution, par exemple), selon l'HAS. La prise en charge attentive sans rupture de soins, en particulier dans les six premiers mois après la sortie de l'hôpital, est une des clés pour prévenir ce risque, selon les experts.

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