Le ministre de la Santé a assuré dimanche que "les médecins ne seront pas les payeurs" dans l'indemnisation

Le texte créant le fonds public d\'indemnisation des victimes du Mediator doit être présenté mercredi
Le texte créant le fonds public d'indemnisation des victimes du Mediator doit être présenté mercredi (f3npdc)

Les médecins ayant prescrit le Mediator ne seront pas les "payeurs" de l'indemnisation des victimes du médicament, soupçonné d'être à l'origine de plusieurs centaines de décès, a déclaré dimanche sur France 5 le ministre de la Santé, Xavier Bertrand."C'est pas les médecins qui ont produit le Mediator" a-t-il dit.

Les médecins ayant prescrit le Mediator ne seront pas les "payeurs" de l'indemnisation des victimes du médicament, soupçonné d'être à l'origine de plusieurs centaines de décès, a déclaré dimanche sur France 5 le ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

"C'est pas les médecins qui ont produit le Mediator" a-t-il dit.

"Ce n'est même pas les médecins qui étaient chargés de la police du médicament" a poursuivi le ministre de la Santé dimanche avant de conclure : "Mettre sur un même plan le laboratoire Servier et les médecins, c'est n'importe quoi, c'est ahurissant !"

Interrogés samedi par l'AFP, les services du ministère de la Santé avaient pourtant laissé entendre que les médecins pourraient être appelés à "rentrer dans la procédure" d'indemnisation des victimes du médicament Mediator.

"Ils le seront si les victimes le jugent bon ou si le laboratoire Servier le demande", avait précisé le ministère de la Santé.

La possible mise en cause des médecins a provoqué une réaction immédiate de ces derniers qui ont fait part de leur indignation. "Je trouve cela particulièrement scandaleux que l'on cherche des boucs émissaires dans cette affaire à travers les médecins prescripteurs", a réagi sur Europe 1 Claude Leicher, président de MG France, premier syndicat des généralistes.

Tandis que pour les victimes, c'est très clair : les médecins "ne sont pas responsables" de l'affaire du Mediator, a jugé dimanche un avocat de victimes.

Le texte créant le fonds public d'indemnisation des victimes du Mediator doit être présenté mercredi en Conseil des ministres, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative.

L'Etat se tire "une balle dans le pied"
"L'Etat ne se tire-t-il pas une balle dans le pied ?", s'est demandé dimanche, avant le démenti de M. Bertrand, le député socialiste Gérard Bapt, président de la mission parlementaire sur le Mediator.

"Il apparaît en effet que sans engagement rapide de la procédure pour tromperie, les médecins prescripteurs "hors AMM" (ndlr: autorisation de mise sur le marché) pourront être mis en cause, y compris ceux des CHU qui ont maintenu les prescriptions de Mediator à la sortie des services de cardiologie", relève M. Bapt. "Ce sont alors les Hôpitaux qui supporteront la charge des procédures. L'Etat lui-même, au travers de l'agence du médicament AFSSAPS, sera mis en cause".

Critique du dépaysement de l'affaire
Pour l'avocat des victimes, seule la procédure judiciaire qu'il a lancée à Nanterre, où il a déposé trois plaintes en citation directe et où un procès est prévu à partir de septembre, permettra une condamnation rapide du laboratoire Servier.

"Et si le laboratoire est condamné pour tromperie aggravée cela prouvera que Servier a menti aux médecins", a-t-il expliqué en dénonçant la demande de dépaysement de son dossier à Paris faite par le ministère de la Justice.

Le député Bapt insiste sur "l'importance du maintien jusqu'à son terme" de la procédure en citation directe pour tromperie aggravée, engagée contre le laboratoire Servier devant le TGI de Nanterre. "La chancellerie a demandé à la Chambre de cassation le dépaysement à Paris de la procédure engagée à Nanterre. Cela exaucerait les voeux du laboratoire Servier qui a toujours fait durer au maximum les procédures. Ce serait une très mauvaise nouvelle pour les victimes, ainsi que pour les finances publiques !", selon M. Bapt.

Il a fait état auprès de l'AFP de son soupçon de "double-jeu du gouvernement" qui veut ralentir la procédure pour qu'"il n'y ait rien avant la présidentielle".

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