La mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator a auditionné mercredi soir Jacques Servier

Jacques Servier (France.3)
Jacques Servier (France.3)

Le président des laboratoires qui ont produit ce médicament qui serait à l'origine de 500 à 2.000 décès, a été entendu durant près de trois heures, selon l'AFP."On n'a pas progressé sur le plan de la vérité", a déploré le député PS Jean-Marie Le Guen.

Le président des laboratoires qui ont produit ce médicament qui serait à l'origine de 500 à 2.000 décès, a été entendu durant près de trois heures, selon l'AFP.

"On n'a pas progressé sur le plan de la vérité", a déploré le député PS Jean-Marie Le Guen.

Jacques Servier a fait un discours introductif avant que plusieurs cadres de son équipe ne s'expriment.

Le député PS Gérard Bapt, président de la mission d'information sur le Mediator, a déploré la position "soit de dénégation soit de défense intransigeante dans laquelle se place le laboratoire Servier". "Le laboratoire ne reconnait aucune responsabilité, rien. La responsabilité est rejetée sur l'agence sanitaire, sur les médecins qui prescrivaient", a dit Gérard Bapt aux journalistes.

"Cela manquait beaucoup d'empathie pour les victimes, c'était surtout une analyse technique du rapport de l'Igas (Inspection des Affaires sociales)", a de son côté relaté le député PS Jean-Louis Touraine.

Pour sa part, Lucy Vincent, directrice de la communication de Servier, a rapporté que les dirigeants du groupe avaient été "heureux" de pouvoir s'exprimer devant les députés. Elle a réaffirmé que son groupe contestait le rapport de l'Igas fait "de données partielles et incomplètes".

L'Igas a rendu public mi-janvier un rapport accablant pour le groupe pharmaceutique français, estimant notamment que ce dernier avait "anesthésié" les acteurs de la chaîne du médicament et les avait "roulés dans la farine".

La faute à la distribution
Devant les députés, Jacques Servier a notamment assuré que le risque associé au Benfluorex n'avait été connu qu'en 2009 et qu'une étude financée par le laboratoire était à l'origine du retrait du médicament.

Selon le rapport remis à la mi-janvier par l'Inspection des Affaires sociales (Igas), Servier a commercialisé son médicament pendant plus de trente ans en France comme un antidiabétique alors qu'il était prescrit comme un coupe-faim dont il connaissait la dangerosité.

Selon Jacques Servier, "les laboratoires Servier ont été attentifs à ce que son usage ne soit pas dévoyé dans les indications qui n'étaient pas les siennes, notamment l'obésité et les surcharges pondérales", notamment par "des courriers aux médecins".

"Les anomalies valvulaires sont des affections relativement fréquentes, notamment chez les diabétiques en surpoids", a dit M. Servier.

Pour ce qui est de l'indemnisation des patients, il a assuré que les Laboratoires Servier "ont la volonté d'assumer leurs responsabilités" et réitéré que le groupe "ferait une première dotation de 20 millions d'euros".

Jacaques Servier a minimisé le nombre de morts parmi les patients ayant pris du Mediator, se disant victime d'un "complot" dont il n'a précisé ni les contours, ni les instigateurs.

Huis-clos
Le huis clos avait été "imposé par M. Servier lors de la demande d'audition", a précisé à l'AFP Jean-Pierre Door, rapporteur de la mission. "Il nous a bien spécifié que sans huis clos il ne viendrait pas, et on n'a pas voulu faire l'impasse".

Devant une mission d'information, à la différence d'une commission d'enquête, "tout le monde est libre de venir ou pas, nous n'avons aucun moyen de pression", a précisé le député UMP. Déjà deux responsables de l'Afssaps (agence de sécurité sanitaire des médicaments), entendus le 17 février, avaient demandé le huis clos.

Dans ce cas de figure, rien n'apparaît dans le compte-rendu réalisé en principe par l'Assemblée des travaux de la mission, en attendant le rapport de la mission, en juin.

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