La hausse des doses de radioactivité délivrées par imagerie médicale est devenue préoccupante et doit être maîtrisée

Un patient passant une IRM.
Un patient passant une IRM. (Frédéric Cirou / AltoPress / PhotoAlto)

"Les scanners représentent 10% des examens et 58% des doses reçues", a relevé le 6 juillet M.Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire, en notant la "position écrasante" des scanners dont les performances ne sont pas toujours utilisées à bon escient.Selon l'ASN, il faut les remplacer si possible par l'imagerie par résonance magnétique.

"Les scanners représentent 10% des examens et 58% des doses reçues", a relevé le 6 juillet M.Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire, en notant la "position écrasante" des scanners dont les performances ne sont pas toujours utilisées à bon escient.

Selon l'ASN, il faut les remplacer si possible par l'imagerie par résonance magnétique.

En 5 ans, on a enregistré une augmentation de 47% des doses délivrées aux patients (1/4 de la population française par an), selon le rapport IRSN/InVS de 2010, a rappelé l'Autorité de sûreté nucléaire.

Alors que la France ne possède que 8,7 IRM par million d'habitants contre une moyenne européenne de 20, ce manque participe au "surcroît non justifié" d'irradiation médicale en plus de "mauvaise pratique médicale", pointe l'ASN qui milite pour un "rééquilibrage du parc français entre scanners et IRM".

L'IRM, qui n'émet pas d'irradiation, a des applications privilégiées: le cerveau - en particulier en urgence pour les attaques vasculaires cérébrales -, la moelle épinière, la rhumatologie et les enfants. Mais en raison du retard français, les délais de rendez-vous pour une IRM dépasse en moyenne un mois et souvent, par défaut, des médecins recourent au scanner.

Il faut savoir qu'"un scanner du corps entier, ou thoraco-abdomino-pelvien, peut délivrer l'équivalent d'une dose de radiations (20 millisieverts ou mSv) qu'un travailleur du nucléaire (ou un radiologue) ne doit dépasser en une année", note le Dr Michel Bourguignon de l'ASN. "Cela ne peut plus continuer comme ça, il faut maîtriser les doses", notamment pour préserver la santé des enfants, les plus vulnérables. La hausse incontrôlée de ces examens pourrait en effet favoriser la survenue de cancers.

Insuffisances de radioprotection dans les blocs
Le problème concerne également la radiologie interventionnelle en neurologie (par exemple pour traiter un anévrisme cérébral sans ouvrir le crâne) et en cardiologie (débouchage d'artère, notamment), précise le Dr Jean-Luc Godet, directeur des rayonnements ionisants et de la santé à l'ASN.

En chirurgie interventionnelle, il est possible de réduire les doses d'un facteur 2 à 3, assure-t-il. Il faut également que les spécialistes pensent au risque de brûler la peau lors d'interventions répétitives (anévrismes cérébraux), ajoute-t-il.

Les inspections de 2009 ont également révélé des insuffisances de radioprotection dans les blocs opératoires où sont réalisés ce type d'actes radioguidés (cardiologie, neurologie, chirurgie, orthopédie...): défaut de formation, infirmières manipulant des appareils à la place de manipulateurs qualifiés, entre autres.

En 2012, un guide sur ordinateur aidera les généralistes à choisir l'examen le mieux indiqué.

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