VIDEO. Sexisme à l'hôpital : "Je lui disais non, mais il n'avait pas l'air de comprendre", témoigne une étudiante en médecine

Allusions graveleuses, plaisanteries déplacées, voire harcèlement sexuel... Si l'on en juge par le récit de cette étudiante en sixième année de médecine, deux ans après le début du mouvement #MeToo, l'ambiance à l'hôpital est toujours aussi sexiste... 

Avec toute sa famille dans le milieu médical, Julia a contracté le virus de la médecine dès son plus jeune âge. Etudiante en sixième année, elle prépare le concours de l'internat. Mais écœurée par l'ambiance sexiste qui a gâché ses stages à l'hôpital public, elle sait déjà qu'elle n'y travaillera pas. Elle témoigne pour "Complément d'enquête".

"Le 'casse-croûte', c'était moi"

"Premier stage, bam", raconte Julia. Elle a suivi un collègue interne pour "une urgence" jusqu'à un bureau, "et là il y a un chef. Le chef dit : 'Ah, ça va ? T'as ramené le casse-croûte...' Le 'casse-croûte', c'était moi..." Avec trois frères, Julia a l'habitude de "se faire charrier". "Mais quand c'est tous les jours, tous les matins, à chaque visite, c'est pas normal, estime-t-elle. Il y a tout le temps ce genre d'ambiance malsaine."

"Ça te tenterait qu'on fasse un plan à trois ?"

Autre stage, autre chef de service, nouvelle humiliation. La jeune externe fait partie de l'équipe soignante lors d'une visite à un patient. Au moment de sortir de la chambre, selon elle, le chef de service lui propose devant tout le monde un "plan à trois" avec l'infirmière. "Et après, il rigole... ajoute Julia. Il a fini par me dire à la fin que s'il avait le bon diagnostic, j'allais finir à genoux pour lui faire une turlute." Par peur de représailles, elle ne s'est pas plainte à la hiérarchie.

"Il me tient par les épaules, et il essaie de m'embrasser"

Dernier épisode, le plus grave, avec un chirurgien professeur qui l'a fait venir dans son bureau. "Il arrive face à moi, il me tient par les épaules, et là, il essaie de m'embrasser", raconte Julia, qui s'enfuit en courant. Elle cesse ensuite d'aller à son stage pendant une semaine. Après cette scène, poursuit-elle, "il a continué à me demander mon numéro au-dessus du lit des patients...". Des comportements qu'elle apparenterait à du harcèlement sexuel ? "Je dirais oui, répond la jeune femme. Parce que je lui disais non, mais il n'avait pas l'air de comprendre." 

Extrait de "Balance ta blouse", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 23 mai 2019.

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