En mai 2016, le Pôle emploi de Valence a organisé une démonstration publique du simulateur de vieillesse.
En mai 2016, le Pôle emploi de Valence a organisé une démonstration publique du simulateur de vieillesse. (TOMMY CATTANEO / RADIO FRANCE)

Rouen : se mettre dans la peau d'un senior grâce à un simulateur de vieillesse

''Là, ce sont des poids. On en a aux poignets et aux chevilles pour engourdir les articulations". Dans les locaux de la clinique Clinea à Bois-Guillaume, près de Rouen, Alexie Bretot, en charge du développement chez Adhap Service, explique comment fonctionne le simulateur de vieillesse. Son entreprise, spécialisée dans l'aide à domicile, utilise cette combinaison pour former les personnels des cliniques et des hôpitaux, les aider à mieux comprendre ce que vivent les patients âgés et à mieux les soigner. 

Les poids de la combinaison servent à "accompagner la raideur", poursuit Alexie Bretot au micro de France Bleu Normandie. Accrochés aux deux chevilles et aux deux poignets, "ça devient vite embêtant". Il y a aussi des genouillères "pour gêner la mobilité", des coudières pour gêner "la flexibilité du coude", un corset qui rend le bassin moins mobile, un casque pour réduire l'audition ou encore un le masque qui restreint le champ visuel "et c'est jaune à l'intérieur du masque pour une simulation de cataracte."

Une expérience ludique et marquante

Caroline Benoît est infirmière à la clinique Clinea. Elle enfile l'équipement, non sans mal. "Ça bloque, c'est lourd, c'est handicapant, reconnaît-elle. Ça permet vraiment de se rendre compte de ce que nos patients vivent au quotidien." La combinaison permet en effet de simuler les pertes auditives, visuelles, sensorielles ou encore de simuler l'arthrose. 

Caroline Benoît doit maintenant se soumettre à un exercice pratique et en apparences anodinmarcher, s'asseoir et se servir un verre d'eau pour prendre un médicament. "Ça tire dans le dos", se plaint la jeune femme. Impossible de tenir le verre dans sa main : "Si je l'attrape, il va tomber". Avant elle, le docteur Arnaud Bac s'est, lui aussi, glissé dans la peau d'un senior pendant quelques minutes. L'expérience lui a beaucoup apporté : "Je me suis rendu compte qu'on se sent vraiment prisonnier, dit-il. On ne peut rien faire sans aide."  

Il y a un avant et un après, une prise de conscience pour l'organisation des repas et le fait d'avoir peut-être un peu plus d'empathie et de patience.

Alexie Bretot, en charge du développement chez Adhap Service

Les patients qui observent la scène sont du même avis. "C'est bien parce que le personnel peut se mettre à la place du patient (...) pour avoir une bonne prise de conscience de ce que ressent et ce que vit le patient pour mieux adapter les soins", commentent Jacqueline, 66 ans, et Nathalie, 48 ans. Un à un, les membres du personnel se prêtent au jeu. La clinique souhaite qu'à terme, tous ses employés effectuent le test.

Un simulateur de vieillesse testé dans une clinique de Haute-Normandie : le reportage de Kathleen Comte
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