Réorganisation des soins : les hôpitaux de proximité menacés

Depuis le 1er juillet 2016, les 850 hôpitaux publics doivent former des groupements hospitaliers de territoire ou GHT. Officiellement, cette coopération permet de mieux soigner, à moindre coût. Mais elle entraîne la fermeture de certains services dans les établissements de proximité comme à Meulan-les Mureaux dans les Yvelines.

Depuis quelques semaines, c’est devenu un rituel. Tous les lundis, le personnel de l’hôpital de Meulan-les Mureaux manifeste dans le hall pour dénoncer la fermeture annoncée du service de réanimation. Désormais, lorsque le pronostic vital d’un patient sera engagé, il faudra l’adresser à l’hôpital de Poissy, situé à 15 km ou à Mantes-la-Jolie, à 23km. Ces trois hôpitaux forment, depuis le 1er juillet 2016, un groupement hospitalier de territoire. Une réorganisation des soins qui inquiète les médecins et les usagers de l’hôpital.

À terme, la fermeture de la réanimation risque d’impacter tous les services de l'établissement. Les anesthésistes ne prendront plus le risque d’endormir les patients pouvant faire des complications (notamment cardiaques) après une opération. Le nombre d’interventions pourrait ainsi chuter de 20 à 40%. Malgré la mobilisation, l’Agence Régionale de Santé confirme son intention de fermer le service de réanimation. Selon l’ARS, il faut passer d’une logique d’établissement à une logique de territoire. En France, des centaines d’hôpitaux de proximité connaissent les mêmes difficultés que l’hôpital de Meulan-les Mureaux.