Les violences en milieu hospitalier ont augmenté en 2018 de près de 6% en un an, selon un rapport

Un soignant dans un hôpital (illustration).
Un soignant dans un hôpital (illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Dans un rapport, l'Observatoire des violences en milieu de santé pointe la banalisation des violences verbales envers les infirmiers et les agents d'accueil. Mais les patients s'en prennent aussi à d'autres résidents.

Les violences en milieu hospitalier ont augmenté en 2018 de près de 6% en un an, selon un rapport de l'Observatoire des violences en milieu de santé, publié mardi 23 juillet et que vous détaille franceinfo. Le rapport se fonde sur les signalements remontés en 2018 au ministère de la Santé. L'Observatoire a recensé plus de 23 300 faits de violence, contre 22 048 en 2017.

En détaillant des dizaines de situations vécues et effrayantes, le rapport pointe la banalisation des violences verbales. Ce sont surtout les infirmiers et les agents d'accueil qui sont les souffre-douleur des patients et de leurs proches. Ils sont victimes d'insultes ou de menaces de mort. Le rapport cite notamment des propos particulièrement violents : "je vais t'égorger, te brûler toi et ta famille".

De la claque à la tentative de meurtre

Les violences recensées sont également physiques. Elles concernent la moitié des signalements. Elles vont de la claque à la tentative de meurtre. Tout objet à portée de main peut devenir une arme, que ce soit une béquille, un scalpel ou un pied à perfusion.

L'Observatoire note également que les patients s'en prennent aux soignants, mais aussi à d'autres patients ou à d'autres résidents. C'est le cas notamment dans les Ehpad. Le rapport cite l'exemple de ce résident qui a essayé d'étouffer un voisin de chambre avec un oreiller, ou de cette dame qui en a violenté une autre avec ses aiguilles à tricoter.

Quand "monsieur et madame tout le monde" dérapent

Parmi les agresseurs, un sur cinq souffre de troubles psychologiques et un sur dix est alcoolisé. Mais le rapport souligne que, de plus en plus, ce sont "monsieur et madame tout le monde" qui dérapent en quelques secondes après une contrariété. La situation n'est pas propre aux hôpitaux, mais à tous les services qui accueillent du public.

Pour remédier à la montée de ces violences en milieu hospitalier, le ministère de la Santé entend mieux former les personnels et leur apprendre à prévenir et gérer ces crises de violences. Les données 2018 de l'Observatoire des violences en milieu de santé ont été signalées par 426 hôpitaux et Ehpad. Ils étaient 446 à l'avoir fait pour l'année 2017.

Un besoin de plus d'effectifs

"On est vraiment soumis à la double peine car d'une part nous sommes confrontés à des conditions de travail difficiles et d'autre part à une agressivité qui monte", déplore Thierry Amouroux, le porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), sur franceinfo.

"La ministre voulait nous former davantage à gérer les gens, mais ce dont nous avons besoin c'est de plus de personnes pour prendre en soin les patients. Ce n'est pas normal qu'aujourd'hui les gens attendent pendant des heures aux urgences", conclut-il. 

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