Les urgences parisiennes entrent en grève illimitée pour dénoncer leurs conditions de travail

Les locaux de l\'hôpital Saint-Antoine à Paris.
Les locaux de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. (JÉRÔME JADOT / FRANCEINFO)

Entre l'augmentation de la violence, du nombre de patients et la baisse des effectifs, les urgentistes de quatre hôpitaux publics parisiens ont démarré dimanche une grève illimitée, déjà initiée en mars dans un cinquième établissement.

Les infirmiers et aide-soignants de plusieurs services d'urgence parisiens sont à bout : trop de patients, pas assez d'effectifs et des violences qui se multiplient. Dimanche 14 avril au soir, une grève illimitée a donc commencé dans quatre hôpitaux : La Pitié-Salpêtrière, Lariboisière, Tenon et Saint-Louis. Ils rejoignent ainsi le mouvement initié à Saint-Antoine le 18 mars.

Nicolas, un aide-soignant, y est en grève depuis près d'un mois. Sur sa blouse, on peut lire "personnel soignant en souffrance", "soignant mais pas punching-ball", ou encore un badge qui annonce "je suis en grève mais je soigne".

"On a l'impression de mal faire notre travail"

La plupart du temps, il est assigné pour garantir le service. Passioné par son métier, il le trouve de moins en moins supportable, avec une fréquentation des urgences en hausse de 3% par an et des effectifs qui ne suivent pas. "On en arrive à faire du soin rapide et à enchaîner les gens les uns après les autres, donc ce n'est plus vraiment du soin. C'est pesant, on a l'impression de mal faire notre travail. Quand on rentre le soir, on se dit qu'on a mal soigné les gens faute de temps, d'effectifs et de moyens".

Bleuenn et Nicolas, aides-soignants en grève aux urgences de l\'Hôpital Saint-Antoine à Paris
Bleuenn et Nicolas, aides-soignants en grève aux urgences de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris (JEROME JADOT / RADIO FRANCE)

L'engorgement et donc le temps d'attente accru favorise les tensions. Neuf agressions de personnels ont été recensées depuis le début de l'année aux urgences de Saint-Antoine. "Un patient s'est jeté sur une de mes collègues, lui a donné un coup de pied, a arraché les cheveux d'une autre" raconte Candice Lafarge, aide-soignante syndiquée Sud Santé. "Une autre de mes collègues s'est pris un coup de poing dans la face. Elle a eu une déviation de la machoire et un oeil au beurre noir."

On s'est habitués aux crachats, aux insultes, mais on n'était pas préparés à ce que notre intégrité soit touchée.Candice Lafargeà franceinfo

Les grévistes réclament une meilleure sécurisation de leurs locaux, plus d'embauches que les 45 promises mi-avril par la direction de l'AP-HP pour tous ses hôpitaux, et aussi une reconnaissance salariale de la spécificité de leur métier.

Un nouveau rendez-vous entre grévistes et la direction de l'AP-HP est prévu lundi 15 avril.

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