Les pédiatres d’Ile-de-France s'inquiètent du manque d'internes et craignent "une crise sanitaire"

Une vingtaine de chefs de services de pédiatrie d\'Ile-de-France alertent sur le risque de manque d\'internes pour cet hier. Illustration, septembre, 2017. 
Une vingtaine de chefs de services de pédiatrie d'Ile-de-France alertent sur le risque de manque d'internes pour cet hier. Illustration, septembre, 2017.  (FRED TANNEAU / AFP)

Plus d'une vingtaine de chefs de services de pédiatrie alertent du manque d'internes auquel ils risquent de faire face cet hiver. Une situation qui inquiète Béatrice Pellegrino, cheffe du service de pédiatrie à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, pour cette période "très à risque". 

Le manque d'internes pourrait déboucher sur "une crise sanitaire". En Ile-de-France, plus d'une vingtaine de chefs de services de pédiatrie ont alerté, mercredi 17 octobre, du manque d'internes de médecine générale auquel ils craignent de faire face cet hiver. 

Le rôle essentiel des internes en pédiatrie

"Un grand nombre de postes ont été ouverts partout, explique le Dr Béatrice Pellegrino, qui dirige le service de pédiatrie à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, sur franceinfo. On est passés de 204 postes ouverts l'année dernière, à 327 postes cette année sur toute l'Ile-de-France. Sans plus d'internes, bien évidemment, les internes ont choisi des postes plus proches de Paris. Et en grande périphérie, nos postes n'ont pas été pris." Or, les internes en médecine générale ont un rôle essentiel dans la prise en charge des enfants du service pédiatrie.

Les internes participent à l'ensemble de nos activités. Ils sont encadrés par les pédiatres mais c'est aussi leur rôle qui nous permet d'assurer [nos] missions.Dr Béatrice Pellegrinoà franceinfo

Ainsi à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, qui disposait de sept internes les hivers précédents, "cette année 12 postes ont été ouverts, mais aucun interne ne sera présent début novembre pour remplir ces missions-là", s'inquiète Béatrice Pellegrino.

Inquiétude avec l'arrivée des bronchiolites

Une inquiétude d'autant plus importante que ce manque va coïncider avec l'arrivée des bronchiolites, une période "très à risque", estime la cheffe du service pédiatrie. À cette époque de l'année, les urgences "débordent de nourrissons qui sont très malades et qu'il faut prendre en charge vite. Et si on a moins de médecins, moins d'internes, le temps d'attente sera beaucoup plus long", prévient-elle.

Les pédiatres dénoncent aussi la réaction de l'Agence régionale de la santé face à cette situation. "La proposition de l'ARS, c'est d'éventuellement fermer certains services d'urgence la nuit", s'insurge-t-elle. Or, "aucun service alentour ne peut absorber les 20 000 passages par an des urgences de Mantes". 

Poissy, l'hôpital le plus proche, dans le Nord Yvelines, est aussi dépourvu d'internes.Dr Béatrice Pellegrinoà franceinfo

Les gardes d'internes "mal valorisées"

Pour remédier à cette situation, l'ARS incite par ailleurs les établissements très bien dotés à envoyer leurs internes faire des gardes dans d'autres établissements. Une fausse solution selon Béatrice Pellegrino, qui repose "sur la base du volontariat". "Ils ont choisi ces services plus près de Paris, proches de chez eux, pour une raison." Les gardes d'internes sont, en outre, "mal valorisées", ajoute-t-elle, ce qui n'incite pas les internes à en faire davantage. "Des remplacements en ville ou des gardes à SOS médecins sont bien mieux dotées que ce qu'on peut proposer à l'hôpital", déplore-t-elle.

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