La maternité de Châteaudun menacée de fermeture : le personnel et les habitants se mobilisent

Une banderole a été déployée devant l\'hôîtal pour alerter sur la possible disparition de la maternité.
Une banderole a été déployée devant l'hôîtal pour alerter sur la possible disparition de la maternité. (GRÉGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

La liste des petites maternités qui ferment leurs portes risque de s’allonger dans les prochaines semaines. Celle de Châteaudun est suspendue à partir de ce lundi. L’agence régionale de santé du Centre Val-de-Loire estime que la maternité n’est plus en mesure de garantir la sécurité et la qualité des prises en charge.

À compter du lundi 28 mai au soir, le service de maternité de Chateaudun est suspendu par l’agence régionale de santé du Centre Val-de-Loire. Elle estime que la maternité n’est plus en mesure de garantir la sécurité et la qualité des prises en charge. Mais la décision est contestée par les élus et par un comité citoyen qui a mobilisé la ville.

"Comment on va faire ?"

Claire et Sandrine sont sage-femme à la maternité. Elles sortent d'un accouchement. "C'est peut-être le dernier", soupire Claire. Désormais, les mamans qui viennent accoucher à la maternité doivent être transférées dans un autre service. "Il n'y a pas de mots. Je trouve ça dégoûtant", explique Laurence Tandero, la gorge serrée. Cela fait plus de 25 ans qu'elle est aide-soignante à la maternité. "Je suis écoeurée, soupire-t-elle. On a eu cinq jours pour nous retourner, même si on savait que ça allait fermer. On reçoit plein de messages des patientes. Il y en a qui me connaissent et qui sont venues jusque chez moi pour me demander 'Comment on va faire ?' C'est irrespectueux envers les patients."

Une pétition pour la ministre de la Santé

Sur une table devant l'hôpital, le comité citoyen qui soutient la maternité fait signer la pétition que le député de Châteaudun ira porter à la ministre de la Santé cette semaine à l'Assemblée nationale. De nombreux couples ont fait le déplacement pour la signer. "Si j'avais dû aller à Chartres pour accoucher de mon deuxième enfant, je l'aurais fait au bord de la route, car ma fille est arrivée en moins de deux heures", écrit Mélanie dans son témoignage.

Ce qui se passe à Châteaudun n'est pas un cas isolé. "Ça se passe dans toutes les petites villes", explique Pascal Delorme, l'un des animateurs du comité. "On commence à s'attaquer à l'ensemble du système de santé au niveau national, y compris les CHU ou les grands centres.

L'objectif, c'est de rentabiliser. Il n'y a plus d'humanité.Pascal Delormeà franceinfo

La pétition a rassemblé plus de 1 500 signatures. Soixante maires du secteur ont voté une motion, en vain. "Nous avons fait de multiples démarches" rappelle Alain Venot, le maire de Châteaudun. "Nous avons essayé le dialogue, la contribution, la proposition, et nous n'avons évidemment pas été entendus. Je pense que nos documents ont surtout alimenté la poubelle de la directrice régionale de santé."

Un comité de soutien citoyen s\'est installé devant l\'hôpital pour faire signer la pétition sur le maintien de la maternité.
Un comité de soutien citoyen s'est installé devant l'hôpital pour faire signer la pétition sur le maintien de la maternité. (GRÉGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

C'est en effet l'ARS qui a pris la décision de suspension. "L'établissement n'est pas en mesure de garantir la sécurité des accouchements, se justifie Anne Bouygart, sa directrice. Cela est dû essentiellement à la difficulté de maintenir une équipe médicale d'obstétriciens, d'anesthésistes et de pédiatres. C'est une situation que l'on retrouve dans beaucoup de petites maternités." L'hôpital a jusqu'au 7 juin pour présenter un plan pour la maternité, faute de quoi la suspension se transformera en fermeture.