Hausse des salaires, réforme du temps de travail... Olivier Véran dévoile les contours du plan pour l'hôpital, qui sera présenté "cet été"

Olivier Véran et Emmanuel Macron rendent visite à des soignants, le 27 février 2020, à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.
Olivier Véran et Emmanuel Macron rendent visite à des soignants, le 27 février 2020, à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le ministre annonce, dans un entretien au "Journal du dimanche", qu'il donnera le coup d'envoi, le 25 mai, d'un "Ségur de la Santé" qui réunira les partenaires sociaux et les collectifs hospitaliers.

"J'ai envie d'aller vite." En réponse à la crise du coronavirus et à la colère des soignants, le ministre de la Santé, Olivier Véran, promet de présenter "cet été" un nouveau plan pour l'hôpital. Dans un entretien au Journal du dimanche (article abonnés), dimanche 17 mai, il annonce qu'il réunira le 25 mai les partenaires sociaux et les collectifs hospitaliers pour donner le coup d'envoi à un "Ségur de la Santé" – du nom de l'avenue où est implanté son ministère.

Je veux que le plan soit présenté cet été, pour traduire tout ce qui peut l'être dans le prochain budget de la Sécurité sociale.Olivier Véranau "JDD"

Ce nouveau plan doit notamment permettre une amélioration des rémunérations pour les salariés, pour beaucoup des femmes. "La nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle, déclare le ministre. Je souhaite que, rapidement, nous puissions atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne."

"Revoir le cadre du temps de travail à l'hôpital"

Outre les salaires, Olivier Véran recense parmi les principaux chantiers la mise au point d'un programme d'investissements, la réorganisation des soins mais aussi la revue du temps de travail. "Si des salariés de l'hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que ce soit possible. Pour ça, il faut revoir le cadre d'organisation du temps de travail à l'hôpital", explique-t-il. Il déplore que des infirmières soient, dans le système actuel, "contraintes de faire des 'ménages', c'est-à-dire des heures supplémentaires, illégalement, dans d'autres établissements".

Le ministre de la Santé s'engage également à "sortir du dogme de la fermeture de lits". "Médecin hospitalier, j'ai connu les brancards dans les couloirs, ce n'est plus acceptable", tranche-t-il.

Le 25 mars, à Mulhouse, Emmanuel Macron avait promis qu'un plan massif d'investissement et de revalorisation des carrières à l'hôpital serait mis en place à l'issue de la crise sanitaire. Les mesures prises jusqu'ici par le gouvernement, dont le versement d'une prime allant de 500 à 1 500 euros pour les soignants et la remise d'une "médaille de l'engagement" face à l'épidémie, peinent à combler les attentes du personnel hospitalier.

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