Toilettes inaccessibles, abribus inadaptés, marches devant les magasins : le quotidien difficile des personnes en situation de handicap

Un homme en fauteuil face à des escaliers. 
Un homme en fauteuil face à des escaliers.  (FRANK MAY / PICTURE ALLIANCE)

L'association des paralysés de France appelle à manifester ce mardi à Paris pour demander plus d'actions de la part du gouvernement. 

Vivre en fauteuil relève toujours du parcours de combattant. Les personnes en situation de handicap vont donc manifester mardi 14 mai à Paris à l'appel de l'association des paralysés de France. À l'occasion des deux ans de l'arrivée en fonction d'Emmanuel Macron, l'APF se mobilise pour réclamer plus d'actions de la part du gouvernement en faveur des personnes atteintes de handicap.

"C'est un peu... acrobatique"

Pierre-Emmanuel Robert vit depuis 30 ans avec son fauteuil roulant. Cet ingénieur informatique de 50 ans est installé au rez-de-chaussée d'un immeuble du 14e arrondissement de Paris. Ce n'est pas un logement spécialement aménagé pour lui mais avec son fauteuil manuel, il arrive "à passer les portes". En revanche, pour la salle de bains, "c'est problématique. C'est un peu... acrobatique pour se transférer dans la baignoire", dit-il. 

Dès qu'il sort de son domicile, les ennuis commencent. "Il y a un tabac qui a été aménagé vers 2013 à côté de chez moi avec une marche de 20 centimètres à l'entrée, regrette-t-il. Je suis allé voir le proprio après les travaux, il m'a dit 'Oui, j'avais demandé aux ouvriers qu'ils fassent un plan incliné' mais finalement il n'y en a pas."

Des transports très limités

Les transports restent une difficulté quotidienne. À Paris, seule la ligne 14 du métro est accessible en fauteuil roulant à Paris. Pierre-Emmanuel Robert prend le bus pour aller travailler mais "là où devrait se positionner une personne en fauteuil roulant pour monter, il y a un platane". Mais ce n'est pas le seul problème, l'homme doit aussi changer d'arrêt de bus pour monter dans le véhicule. 

Si le bus déploie la palette pour monter, cela doit présenter une pente de moins de 10% sauf que l'abribus à côté de chez moi, je ne peux pas monter car la pente fait 15%"Pierre-Emmanuel Robertà franceinfo

Une fois descendu du bus, il reste encore dix minutes de trajet à l'ingénieur pour aller jusqu'à l'Inra, l'institut national de recherche agronomique dans le 5e arrondissement. Pierre-Emmanuel Robert bénéficie d'un bureau adapté et d'un employeur à l'écoute, mais pour le quinquagénaire, membre de l'association des paralysés de France, il y a trop peu d'aménagements. "J'ai fait une petite enquête : sur 30 cafés restaurants à proximité, il n'y en a que trois qui ont des toilettes accessibles", regrette-t-il. Pierre-Emmanuel Robert estime qu'il y a encore plus de retard en région sur l'accessibilité des lieux publics. 

Le reportage de Justine Leclercq
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