Soupçons de violences dans un foyer pour handicapés de Seine-Saint-Denis : "Les faits sont accablants", estime la secrétaire d'État Sophie Cluzel

Une personne en chaise roulante.
Une personne en chaise roulante. (LIONEL VADAM / MAXPPP)

Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, a réagi après des révélations de violences au sein d'un foyer pour handicapés en Seine-Saint-Denis.

"Nous retirons la gestion de l'administration à l'association AIPEI, compte tenu des manquements que l'inspection a révélés", a déclaré mardi 30 juillet sur franceinfo la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel. "Les faits sont accablants", reconnaît-elle, alors que des soupçons de violences à la maison d'accueil spécialisée des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont mené à la mise à pied d'un éducateur. Il y a quelques jours, la mère de Kévin, un jeune autiste pensionnaire de l'établissement, recevait une vidéo montrant un accompagnant frappant son fils.

franceinfo : Une inspection a été menée sur place la semaine dernière par l'Agence régionale de santé (ARS). Des mesures vont-elles être prises ?

Sophie Cluzel : Les faits sont accablants. Sur la violence présumée, mais surtout sur la gestion. Je vous confirme que l'auteur présumé des faits a été mis à pied à titre conservatoire dès la connaissance des faits, et qu'il y a une procédure de licenciement en cours. J'ai demandé immédiatement à l'Agence régionale de santé de prendre toutes les mesures nécessaires.

La première des mesures, qui est assez exceptionnelle - mais là, les faits aussi sont exceptionnels - c'est tout simplement une mise sous administration provisoire. Nous retirons la gestion de l'administration à l'association AIPEI, compte tenu des manquements que l'inspection inopinée a révélés, au-delà même des faits de maltraitance. C'est à un professionnel spécialisé dans le médico-social, issu de la direction d'un établissement public de santé du département de Seine-Saint-Denis, que je demande de reprendre la direction. Cette décision de changement de direction doit mettre fin sans délai aux graves dysfonctionnements constatés. Elle doit aussi permettre de poursuivre l'activité pour ne pas laisser les familles sans solution au milieu de l'été. Il s'agit aussi de les rassurer.

Maintenant, il y aura un regard bienveillant et tous ces dysfonctionnements vont être pris en compte à bras le corps. J'appelle justement toutes les autorités de contrôle et les organismes gestionnaires à redoubler de vigilance. Il est très important de faire preuve de réactivité et de fermeté dès qu'il y a une suspicion de maltraitance. Il en va de la sécurité, et de la confiance que les familles ont dans ces associations gestionnaires, et donc, aussi, dans l'État.

Vous dites qu'il faut réagir très vite dans ces cas-là : pourtant, dans cet établissement, les premières alertes et plaintes pour violences remontent à trois ans...

Je tiens à préciser qu'à chaque fois, il y a eu des inspections d'Agences régionales de santé. Mais ce n'est plus tenable, et nous agissons fermement pour sécuriser les patients et les familles sur la bientraitance que nous voulons mettre en place dans cet établissement. Il n'est pas question de jeter l'opprobre sur l'ensemble des établissements. Mais des dysfonctionnements sont là, avérés, et c'est pour cela que nous réagissons fermement et de façon assez exceptionnelle avec une mise sous administration provisoire.

S'agit-il d'un cas isolé, ou est-ce que des violences du même type se reproduisent dans d'autres établissements ? Est-ce qu'un état des lieux peut être fait ?

Nous avons mis en place une commission de bientraitance. Malheureusement, des violences, il y en a partout, même à domicile, qui est le premier lieu de violence. Nous sommes très en alerte, les associations gestionnaires aussi, pour pouvoir signaler ces faits et réagir fermement quand il y a des suspicions.

La mère de l'un des pensionnaires témoigne sur franceinfo de la difficulté, pour elle, de changer son fils d'établissement. Elle parle de délais d'attente très longs. Est-ce que ça ne veut pas dire que la France est clairement sous-dotée ?

Bien sûr qu'il manque des solutions pour certaines personnes handicapées, qui ont justement des besoins très complexes. Pour autant, ça avance. J'étais, encore aujourd'hui même, avec des associations qui travaillent à créer une vraie vie sociale pour les personnes handicapées.

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