Présidentielle : "On n'a quasiment pas parlé du handicap et c'est scandaleux"; s'insurge le porte-drapeau français aux Jeux paralympiques

Michaêl Jérémiasz, tennisman et porte-drapeau aux Jeux paralympiques de Rio 2016.
Michaêl Jérémiasz, tennisman et porte-drapeau aux Jeux paralympiques de Rio 2016. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le tennisman Michaël Jérémiasz estime que la question du handicap n'est pas assez abordée dans l'élection présidentielle. Une situation qu'il juge scandaleuse. 

La Marche des oubliés, partie il y a un mois de Nantes, arrive mardi 11 avril à Paris. Organisée par l'Association des paralysés de France, elle entend interpeller les candidats à la présidentielle sur la question du handicap. De nombreuses personnalités soutiennent ce projet, dont Michaël Jérémiasz, tennisman et porte-drapeau aux derniers Jeux paralympiques de Rio. Sur franceinfo mardi, il a estimé que les personnes en situation de handicap sont oubliées "plus que d'habitude" dans cette présidentielle. 

Une quinzaine de personnalités, dont Michaël Jérémiasz fait partie, a pourtant publié une lettre ouverte aux candidat. Elle rappelle les "cinq urgences" auxquelles le futur président de la République devra s’attaquer en priorité concernant le handicap.

franceinfo : Les candidats ont-ils répondu favorablement aux propositions qui leur ont été faites ?

Michaël Jérémiasz : On n'a pas eu de réponses dans le sens où on n'a pas été sollicités pour intervenir à leurs côtés. Pas pour faire la promotion de leurs programmes mais pour mettre en avant la question du handicap. L'initiative des 15 signataires est de mettre la question du handicap dans les préoccupations des candidats. Aujourd'hui, on n'en a quasiment pas parlé et c'est scandaleux parce qu'on est plus de 10 millions de personnes en situation de handicap en France. Si on regarde un peu plus largement, on se rend compte que c'est une question universelle parce que la population vieillit et que la question de la dépendance et du handicap concernera tout le monde.

Les personnes en situation de handicap sont-elles plus oubliées que d'habitude ?

D'une certaine manière, oui. Ce qui est consternant c'est qu'on est en 2017 et qu'on espérait qu'après la loi de 2005 [pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées] et sa supposée application en 2015, cela allait changer. On se rend compte que non. Les personnes handicapées sont souvent en grande situation de précarité. Il y a de grands enjeux en terme d'accessibilité, de scolarité et d'accès aux soins. C'était une évidence de se mobiliser. Le prochain président de la République sera sollicité sur ces questions-là.

Qu'en est-il de l'emploi des personnes handicapées ?

Le taux de chômage s'est accru. Il y a quasiment 500 000 personnes en situation de handicap au chômage. Il y a un travail pédagogique à faire auprès des entreprises. On est dans une phase d'évolution. C'est une question de banalisation de la différence. Ce n'est pas un évènement en soi de travailler avec un collaborateur handicapé.

Présidentielle : "On n'a quasiment pas parlé du handicap et c'est scandaleux", s'insurge Michaël Jérémiasz le tennisman porte-drapeau français aux Jeux paralympiques
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne