Handicap : "L’important, c’est de faire attention aux enfants qui ne sont pas scolarisés"

Handicap : \"L’important, c’est de faire attention aux enfants qui ne sont pas scolarisés\"
Handicap : "L’important, c’est de faire attention aux enfants qui ne sont pas scolarisés" (© Fotolia)

Pour la porte-parole de l’Unapei, "l’école inclusive" promise par le gouvernement doit faire se preuves. Cette année encore, plusieurs enfants en situation de handicap sont scolarisés trop peu d'heures par semaine.

Pour cette rentrée 2019, la secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées Sophie Cluzel met en place une promesse d'Emmanuel Macron : l'école inclusive. Ce plan prévoit notamment un meilleur taux de scolarisation en temps plein des élèves en situation de handicap, ainsi que le recrutement de plusieurs milliers d’accompagnants (ou AESH).

Sophie Cluzel sur le plateau du Magazine de la Santé le 2 septembre 2019

"On se demande parfois de quels enfants elle parle"

Sur le plateau du Magazine de la Santé, Sophie Cluzel a évoqué un taux de scolarisation en temps plein des enfants handicapés de 86%, et 4.500 nouveaux postes d’accompagnants. Mais les choses ne sont pas si simples, selon Sonia Ahehehinnou, porte-parole de l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei). "Notre but à nous, c’est de faire attention aux enfants qui ne sont pas scolarisés. Avec Sophie Cluzel, apparemment, on ne voit pas les mêmes choses. On se demande parfois de quels enfants elle parle."

Si Sonia Ahehehinnou ne peut ni confirmer, ni infirmer le chiffre de 86% d'enfants handicapés scolarisés en temps plein, elle affirme que beaucoup ne vont en cours que quelques heures par semaine. Du moins d’après les nombreux témoignages reçus par l’Unapei. "Il y a ceux qui n’ont pas besoin d’aménagements, ceux qui ont besoin d’une aide humaine, ceux qui sont inscrits dans une classe spécialisée, ceux nécessitant un accompagnement renforcé…" résume la porte-parole.

"Beaucoup d’enfants restent sans accompagnant à la rentrée"

Autre chiffre avancé par la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel et qui nécessite une légère nuance selon la porte-parole, celui de 4.500 postes d’AESH supplémentaires. "Beaucoup d’enfants restent sans accompagnant à la rentrée. Je pense à un garçon qui s’appelle Léo, par exemple. Il a 5 ans. Il arrive à l’école, et son AESH n’est pas disponible, alors c’est la maîtresse qui va pallier cette situation pendant quelque temps " développe Sonia Ahehehinnou.

Afin de recueillir les témoignages des parents, des proches, des éducateurs, des accompagnants et des professeurs, l’Unapei a lancé la plateforme marentree.org le 9 août. Depuis la création du site, l’association a reçu de nombreux signalements de difficultés de scolarisation. Mais pour l’heure, il reste difficile de rendre compte de la totalité des enfants déscolarisés. "Où sont les élèves qui n’ont pas trouvé de place en unités localisées pour l'inclusion scolaire [1], où sont ceux qui n’ont pas trouvé de place en institut médico-éducatif ?" s’interroge la porte-parole de l’Unapei.


[1] Les Ulis sont des classes adaptées aux élèves en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire.

 

Vous êtes à nouveau en ligne