"Mystère des enfants nés sans main" : "On a des éléments de compréhension à la confusion qui règne" explique une épidémiologiste

Léo, 7 ans, est né à Guidel (Morbihan) sans main gauche.
Léo, 7 ans, est né à Guidel (Morbihan) sans main gauche. (EMMANUELLE GOURVES / MAXPPP)

Emmanuelle Amar, épidémiologiste et directrice générale du Registre des malformations en Rhône-Alpes est revenue sur le rapport publié par Santé publique France, à propos des multiples cas d'enfants nés sans main dans l'Ain, en Loire Atlantique et en Bretagne.

Santé publique France a publié jeudi 4 octobre un rapport sur le "mystère des enfants nés sans main", qui met en évidence un "excès de cas" pour une partie seulement des signalements. Ainsi, sur les 14 cas recensés dans trois régions, SPF conclut à "un excès de cas" pour la Loire Atlantique (3 cas) et pour la Bretagne (4 cas). En revanche, "suite à l’investigation des 7 cas rapportés dans l’Ain nés entre 2009 et 2014, l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale", indique le rapport.

"Enfin, on a des éléments de compréhension à la confusion qui règne", a réagi jeudi sur franceinfo Emmanuelle Amar, épidémiologiste, directrice générale du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera). "J'ai compris les erreurs qui ont été commises", a affirmé l'épidémiologiste, mettant en cause Santé publique France. Elle estime que, pour l'agence, le Remera était "le petit registre qui était le caillou dans la chaussure". C'est le Remera qui a signalé les premiers cas, à partir de 2010.

Des erreurs de Santé publique France ?

Selon Emmanuelle Amar, "on a un mauvais diagnostic" des cas. Elle estime que "l'agénésie transverse du membre supérieur" n'a pas été correctement définie par SPF pour établir son rapport parce que l'agence considérait qu'il fallait que l'ensemble du bras, de l'avant-bras et de la main ne soient pas formés.

Elle met également en cause le fait que Santé publique France calcule le nombre de cas à partir de l'année 2000 pour le département de l'Ain, alors qu'il n'était pas surveillé avant 2009 car il n'y avait pas de signalement. Elle estime que "forcément, la moyenne baisse" car il n'existe pas de statistique antérieure à 2009.

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