"Il n'y a pas de médicament anodin" pendant la grossesse : l'Agence du médicament accentue la prudence

(ANDERSEN ROSS / BLEND IMAGES)

L'Agence nationale de sécurité du médicament appelle à la prudence alors qu'une étude montre que la consommation de médicaments par les femmes enceintes est supérieure à la moyenne européenne.  

Les femmes consomment trop de médicaments durant leur grossesse et particulièrement en France. Selon une étude publiée par l'Agence de sécurité du médicament (ANSM), le nombre moyen de médicaments prescrits en France à une femme enceinte est de 10, contre 2 à 3 dans les pays d'Europe du nord. Le message de l'Agence du médicament est clair : d'une manière générale, il faut éviter d'utiliser des médicaments au cours de la grossesse.

Des interrogations sur tous les médicaments

La physiologie d'une femme enceinte évolue et l'absorption des médicaments est différente au fil des mois. De plus, on ne connaît pas l'effet à long terme de certains médicaments pourtant très courants sur la future maman ou sur l'enfant à naître. Le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin, explique qu'il existe "des interrogations" sur le rapport entre la prise d'antidépresseurs et la grossesse. Il existe des études, mais les conclusions sont divergentes. C'est donc le principe de précaution qui doit s'appliquer. "Il faut éviter de prescrire des antidépresseurs pendant la grossesse", juge Dominique Martin. "On commence à avoir des interrogations sur le doliprane pendant la grossesse. Si on peut s’en passer, autant s’en passer", ajoute le directeur de l'ANSM. La prudence est donc la règle pour toutes les catégories de médicaments.

Je ne sais pas s'il y a une classe sur laquelle on ne pose pas de question. Les connaissances évoluent de façon permanente. Il faut être très prudent. Il n’y a pas de médicament anodin.Dominique Martin, directeur de l'Agence du médicamentà franceinfo

Et si une femme enceinte doit absolument prendre un médicament parce qu'il n'existe pas de solution alternative, elle doit le prendre le moins longtemps possible et à la dose la plus faible possible.

"Il n'y a pas de médicaments anodins" pendant la grossesse : l'Agence du médicament accentue la prudence - un reportage de Bruno Rougier
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