France: le niveau 6 peut-être décrété

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 24 juin 2008, sur France 2.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 24 juin 2008, sur France 2. (© F2)

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé mardi que le niveau d'alerte 6 pourrait être décrété à la rentrée

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé mardi que le niveau d'alerte 6 pourrait être décrété à la rentréeLa ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé mardi que le niveau d'alerte 6 pourrait être décrété à la rentrée

Dans l'Hexagone où le niveau est actuellement fixé à 5A, 960 cas, confirmés ou probables de grippe A, Outre-mer compris, étaient comptabilisés lundi soir.

Avec le début de l'automne, le virus pourrait circuler beaucoup plus activement.

"Il y aura la rentrée scolaire avec les enfants dont le mode de vie est un facteur de propagation du virus donc il est probable que nous passerions au niveau 6 au niveau de la rentrée scolaire du mois de septembre, mais rien n'est encore certain", a déclaré Roselyne Bachelot mardi matin sur France Inter. "Il nous faut regarder avec beaucoup de soin comment la grippe évolue, où nous en serons".

Le passage au niveau d'alerte 6 engendre la gratuité des médicaments antiviraux, délivrés sur ordonnance. Ce niveau "ouvre une boîte les outils permettant d'accélérer certaines démarches administratives en terme d'organisation et de réquisition, permettant par exemple une fermeture centralisée de certains établissements", explique-t-on au ministère de la Santé.

Déjà la veille, et réagissant aux propos du professeur Bernard Debré, la ministre de la Santé avait affirmé que "la vigilance est de règle" face à la grippe A (H1N1). Dans le Journal du Dimanche, M. Debré avait en effet déclaré dimanche que la vaste campagne de mobilisation contre la pandémie ne servait "qu'à nous faire peur".



Moins dangereuse que la grippe saisonnière ?
Les dirigeants donnent dans la contradiction quant à la bonne attitude à adopter face au virus. Lorsque M. Debré déclare que « cela reste une grippette" et "qu'on s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière", Mme Bachelot atteste que la pandémie est au cœur des préoccupations gouvernementales. Entre les deux, l"OMS bien qu"en faisant son travail, tire peut-être un peu trop fort la « sonnette d"alarme ».

Pourquoi une telle inquiétude ?


Doit-on lire en filigrane de cette inquiétude disproportionnée une réponse, avec six ans de retard, à la canicule de l"été 2003 qui avait mis à jour le peu de réactivité de nos dirigeants en matière de santé ? Le fait est que Roselyne Bachelot envisage avec prudence, l"expansion de la maladie.

"La vérité, c'est que nous sommes confrontés à un virus, certes peu sévère pour l'instant, mais doté d'une très forte capacité de contamination liée, en particulier, au fait qu'il touche des populations qui ne l'ont jamais rencontré. Face à cette caractéristique majeure, la vigilance est de règle", a déclaré la ministre dans une interview au Figaro.

La France moins touchée que ses voisins

Au Royaume-Uni, le pays le plus touché par la maladie, cent mille nouveaux cas ont été déclaré cette semaine. L"Espagne, quant à elle, a également vu son nombre de malades augmenter davantage qu"en Hexagone. Plus inquiétant pour ces deux pays, la vitesse de transmission du virus s"accélère.

Alors, comment expliquer la plus lente diffusion de la contamination en France ? Pour Mme. Bachelot l"état actuel de l"avancée du H1N1 en France s"explique grâce à l"efficacité de "la stratégie de confinement adoptée dès le début de l'épidémie". Cette stratégie "a consisté à hospitaliser systématiquement les malades et à surveiller les voyageurs en provenance des pays à risque et présentant des symptômes", continue-t-elle.

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