Tous les Français ont des polluants du quotidien dans leur organisme, selon l'Agence Santé publique France

Des chercheurs analysent la présence de bisphénol A dans la nourriture, à Saint-Martin-du-Touch près de Toulouse, le 4 avril 2015.
Des chercheurs analysent la présence de bisphénol A dans la nourriture, à Saint-Martin-du-Touch près de Toulouse, le 4 avril 2015. (REMY GABALDA / AFP)

D'après une étude de l'agence de santé publique, les polluants ont des niveaux d'imprégnation plus élevés chez les enfants.

Des polluants du quotidien sont présents dans l'organisme de tous les Français, selon une étude de l'Agence Santé publique France révélée mardi 3 septembre 2019.

L'agence de Santé a étudié 70 biomarqueurs pour mesurer la présence dans l'organisme humain des polluants dits "du quotidien", qui sont des perturbateurs d'hormones ou des cancérigènes avérés ou soupçonnés de l'être, tels que les bisphénols, les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés ou encore les composés perfluorés.

Les résultats publiés mardi montrent que ces polluants de l'environnement sont présents dans l'organisme de tous les Français, adultes et enfants, avec des niveaux d'imprégnation plus élevés chez les enfants.

Cela pourrait s'expliquer par le fait que les enfants ont davantage de contacts cutanés avec les produits du quotidien : des jouets, de la peinture, qu'ils portent directement à la bouche ou par transfert, en les ayant touchés avec leurs mains au préalable. Autres facteurs explicatifs : une exposition accrue aux poussières domestiques ainsi que leur faible poids.

L'alimentation mais aussi les cosmétiques pointés du doigt

L'enquête montre également que l'alimentation n'est pas l'unique source d'exposition à ces substances. Les produits cosmétiques et les soins de beauté augmentent les niveaux d’imprégnation en ce qui concerne les parabènes et les éthers de glycol. Par ailleurs, plus le logement est aéré, plus les niveaux d’imprégnation sont bas.

L'étude a été menée dans le cadre du Grenelle de l'environnement sur un échantillon de 1 104 enfants et 2 503 adultes. Leurs urines, sérum et cheveux ont été analysés. Ils ont également dû répondre à un questionnaire sur leurs habitudes, la façon dont ils aèrent leur habitation ou leur consommation alimentaire. Elle conclut à des niveaux mesurés comparables à ceux d'autres études menées à l'étranger, aux Etats-Unis et au Canada par exemple.

Ces résultats constituent le premier volet d'une grande étude de biosurveillance menée par Santé publique France, qui seront suivis de deux autres volets sur les métaux et les pesticides. "L'intérêt c'est que c'est la première photographie du niveau de concentration de ces polluants dans la population française", a déclaré sur franceinfo Sébastien Denis, directeur santé-environnement-travail à Santé publique France. 

Aérer son logement

Afin de diminuer ces imprégnations, Sébastien Denis estime qu'il y a "deux moyens" : "Le premier moyen c'est de faire de la politique publique et donc les ministères en charge de l'Écologie et de la Santé œuvrent par la mise en place de plans nationaux santé-environnement ou de stratégies sur les perturbateurs endocriniens par exemple." Mais "on peut aussi rappeler des recommandations très simples comme l'aération des logements qui dans l'étude a été trouvée comme une des mesures permettant de réduire l'imprégnation des personnes."

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