VIDEO. Que sont les sargasses, ces algues qui envahissent le littoral de la Guadeloupe ?

Anne-Laure Barral

En Guadeloupe, plusieurs écoles ont été fermées "jusqu'à nouvel ordre" en raison des émanations provoquées par les algues sargasses échouées sur les rivages des l'île. D'où viennent ces algues et pourquoi sont-elles dangereuses ?

Huit établissements scolaires de Guadeloupe ont été fermés jeudi 31 mai à cause d'algues sargasses échouées sur le rivage. Inoffensives quand elles sont dans l'eau, elles émettent un gaz toxique quand elles s'échouent et se décomposent.

D'où viennent ces algues ?

Elles viennent comme leur nom l’indique de la mer des Sargasses, à l’ouest de l’océan Atlantique, et sont connues depuis que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Elles sont devenues problématiques pour les Antilles depuis 2011, car elles viennent s’échouer bien plus au sud de leur zone de prédilection. On les retrouve ainsi sur les plages de Guadeloupe et de Martinique mais aussi jusqu’aux côtes guyanaises, et même en Afrique.

Pourquoi y en a-t-il autant ?

Les chercheurs n’ont pas encore toutes les réponses à ce changement de route et à ce développement massif certaines années. Plusieurs causes sont à l’étude : la hausse de la température de l’océan, le lessivage des sols à terre qui amènerait plus de polluants dans les fleuves et donc dans la mer... Certains se demandent si la déforestation de la forêt amazonienne ne participerait pas aussi à ce phénomène. En effet, cela augmente la présence de nitrates et de phosphates dans l’eau, qui sont des nutriments en abondance pour les plantes et donc pour les algues. l’Institut de recherche pour le développement (IRD) a a mené des campagnes de prélèvement l’an dernier sur cette question. Les résultats sont attendus avec impatience.

Quelles conséquences sur la santé ?

Elles peuvent être très graves. Ces algues ne posent pas de problème quand elles sont en mer, mais lorsqu’elles s’échouent à terre, elles se décomposent et il en émane un gaz toxique : le sulfure d’hydrogène. Ce gaz peut même être mortel, mais seulement à forte dose. Il faudrait un taux de 1000 ppm (particules par million) dans l'air, quand celui relevé par l’agence régionale de santé en Guadeloupe n'est que de 6 ppm. Mais il c’est déjà un taux où elle recommande aux personnes fragiles de se mettre à l’abri. C’est le même problème qu’avec les algues vertes de Bretagne, sauf que sur de petites îles, les habitants ne peuvent pas beaucoup fuir les émanations.

Y-a-t-il un risque pour l'environnement ?

La décomposition de ces algues poserait aussi des problèmes d’oxydation des appareils électriques et électroniques : les climatiseurs, les frigos ou encore les ordinateurs peuvent tomber en panne. Il ne faut pas oublier non plus la faune et la flore marine des Antilles qui ne voient plus la lumière, donc les poissons dépérissent. C’est pourquoi on parle de vraie calamité pour l’arc antillais aux paysages habituellement paradisiaques

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