Le nombre de cas de démence va tripler d'ici 2050, selon l'OMS

Un homme dans une maison de retraite à Bernsdorf (Allemagne), le 10 mai 2019.
Un homme dans une maison de retraite à Bernsdorf (Allemagne), le 10 mai 2019. (SEBASTIAN KAHNERT / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

L'Organisation mondiale de la santé évoque plusieurs facteurs comme l'inactivité physique, le tabagisme, les régimes alimentaires peu équilibrés et la consommation nocive d'alcool. Mais la cause la plus courante de démence est la maladie d'Alzheimer, qui serait à l'origine de 60 à 70% des cas.

Le nombre de personnes souffrant du syndrome de démence, causé en grande majorité par la maladie d'Alzheimer, devrait tripler d'ici 2050 et passer de 50 millions de personnes dans le monde à 152 millions, selon l'OMS (en anglais), mardi 14 mai.

La démence constitue un problème de santé publique qui progresse rapidement, en raison du vieillissement de la population. L'OMS estime que dans l'ensemble de la population, entre 5 et 8% des personnes âgées de 60 ans et plus sont atteintes de démence à un moment donné. La maladie d'Alzheimer est la cause la plus courante de démence et serait à l'origine de 60 à 70% des cas, selon l'agence.

"Ce qui est bon pour le cœur est aussi bon pour notre cerveau"

Vivre sainement réduit les risques de démence, selon l'OMS, qui ne parvient toutefois pas à quantifier cette diminution. "Les preuves scientifiques recueillies (...) confirment ce que nous soupçonnons depuis un certain temps, à savoir que ce qui est bon pour notre cœur est aussi bon pour notre cerveau", a relevé le directeur de l'Organisation mondiale de la santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué.

L'âge constitue le principal facteur de risque du déclin cognitif, mais la démence "n'est pas une conséquence naturelle ou inévitable de la vieillesse", assure l'OMS. "Nous savons qu'il existe des facteurs de risque de démence que nous pouvons modifier", a expliqué Neerja Chowdhary, du département de la santé mentale à l'OMS, lors d'une conférence de presse.

L'isolement social et l'inactivité cognitive également en cause

Plusieurs études récentes ont révélé un lien entre le développement de troubles cognitifs et de la démence, et les facteurs de risque liés au style de vie comme l'inactivité physique, le tabagisme, les régimes alimentaires peu équilibrés et la consommation nocive d'alcool, relève l'agence spécialisée de l'ONU. Certains troubles, comme l'hypertension, le diabète, l'hypercholestérolémie, l'obésité et la dépression, sont associés à un risque accru de démence. D'autres facteurs de risque modifiables sont "l'isolement social et l'inactivité cognitive", pointe l'OMS.

L'OMS appelle à la mise en œuvre de stratégie publique pour prévenir la maladie. En effet, 60% des personnes souffrant de démence vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, mais "ces pays sont ceux qui sont le moins préparés à faire face à cette charge croissante", a relevé Neerja Chowdhary. En 2015, le coût social global de la démence était estimé à 818 milliards de dollars dans le monde, soit 1,1% du Produit intérieur brut (PIB). Il devrait s'élever à 2 000 milliards de dollars en 2030.

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