Insolite : des pigeons pour surveiller la pollution au plomb

Les pigeons pourraient être un bon moyen de détecter le plomb et d'autres composés toxiques dans les villes. C’est ce que révèle une étude sur les pigeons à New York publiée le 18 juillet dans la revue Chemosphere.

Même si le plomb est interdit depuis des décennies dans la peinture et l'essence, la ville de New York se préoccupe beaucoup du taux d'exposition de ce métal lourd chez les enfants. Dans cette ville, un dépistage systématique des enfants est effectué dans les zones identifiées comme des points sensibles. Cette étude new yorkaise montre que les niveaux de plomb observés chez les pigeons sont identiques à ceux des enfants fortement exposés au plomb. Les chercheurs ont étudié des échantillons de sang prélevés chez 825 pigeons malades ou blessés de 2010 à 2015

Les niveaux de plomb augmentent en été

Les auteurs de l'étude ont constaté que les niveaux de plomb dans le sang des pigeons ont augmenté en été, comme c'est le cas dans les échantillons des enfants. Une température élevée favorise la solubilité du plomb dans l’eau et, plus généralement, la migration des métaux dans l’eau. "Même si les pigeons ont déjà été utilisés pour surveiller les différents types de pollution dans certaines villes européennes, la corrélation entre taux d'exposition au plomb chez les oiseaux et celui des enfants n'a jamais été faite", explique Rebecca Calisi, un des auteurs de l'étude. "Ceci est un excellent exemple de la façon dont nous pouvons utiliser des pigeons pour surveiller l'emplacement et la prévalence des polluants", poursuit-elle. 

R. Calisi ajoute que "les pigeons urbains sont particulièrement appropriés pour ce travail parce qu'ils ne volent pas loin, ils passent généralement leur vie dans un espace équivalent à quelques pâtés de maisons".