"Ça m'inquiète pour la santé de nos enfants" : à Guidel, la crainte du scandale sanitaire autour des bébés nés sans main

Isabelle est celle qui a lancé l\'alerte sur le nombre d\'enfants nés sans main ou sans bras à Guidel.
Isabelle est celle qui a lancé l'alerte sur le nombre d'enfants nés sans main ou sans bras à Guidel. (MARCOS DARRAS / FRANCEINFO)

La commune de Guidel, dans le Morbihan, fait partie des endroits où plusieurs enfants sont nés sans main, ou sans bras ces dernières années. Un rapport de Santé publique France reconnait un "excès de cas", de quoi inquiéter les habitants.

Les nombreuses naissances d'enfants sans main ou sans bras semblent se concentrer à chaque fois dans des secteurs bien précis, et notamment la commune de Guidel, dans le Morbihan. Le secteur a fait l’objet d'un rapport de Santé publique France, qui y reconnaît un "excès de cas".

"Il se passe quelque chose mais quoi ?"

Dans ce village, les familles concernées et les habitants ne comprennent pas l’absence d’explications dans le rapport. D’autant plus que le sujet est présent partout. Dans le centre du village, la une de Ouest France s’affiche devant chaque commerce : "Bébés malformés en quête de réponses". C’est aussi le sujet de conversation principal à la sortie de l’école. "C’est lamentable" estime une maman. "Il se passe quelque chose mais quoi ? Il faut trouver la cause."

Pour le moment, les raisons seraient "environnementales". "Ça m’inquiète pour la santé de nos enfants. Qu’est-ce qui a été déversé autour de nos habitations ?" 

Dans ce village entouré en partie de champs, on pense bien sûr aux pesticides, aux agriculteurs. C’est un sujet ancien selon Emilie, une autre maman. Un de ses camarades d’école était né lui aussi sans main. "Il est né en 1981. Il était en primaire avec moi. Donc je ne suis pas surprise. Mon mari, lui, avait un pouce en plus. Donc ça ne me surprend pas."

Une autre maman cherche de l’aide pour une amie dont le fils âgé de trois ans est lui aussi né avec une malformation. C'est un peu comme si les langues se déliaient.

"J’aimerais bien leur expliquer pourquoi j’ai un petit bras"

Le maire, Jo Daniel, n’avait jamais fait le rapprochement entre les différents cas recensés, mais il compte bien mener sa petite enquête. "Je peux tout à fait faire appel aux correspondants de la presse locale et leur dire d’encourager les gens à nous contacter s’ils ont un signalement à nous faire." Il imagine ouvrir un registre pour que les gens puissent se manifester. "Et que d’autres aillent à la recherche d’informations ne me dérange pas du tout. Bien au contraire."

Mais le maire se refuse à désigner un coupable. Il dit attendre des réponses de la communauté scientifique, tout comme Charlotte, six ans, qui aimerait bien savoir pourquoi elle est née sans avant-bras. "Comme ça, si quelqu’un se moque, je peux lui dire ce qu’il s’est passé, pour qu’il ne se moque plus. J’aimerais bien leur expliquer pourquoi j’ai un petit bras." Sa maman, Isabelle, qui avait alerté sur le nombre élevé de cas à Guidel compte poursuivre ses investigations dans ce qu’elle appelle déjà un scandale sanitaire d’État.

 

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