Bouches-du-Rhône : 80% des rats et souris soumis à des polluants atmosphériques présents à Fos-sur-Mer tombent malades

La zone industrielle de Fos-sur-Mer vue depuis les habitations.
La zone industrielle de Fos-sur-Mer vue depuis les habitations. (CLEMENT MAHOUDEAU / MAXPPP)

Une étude menée par une chercheuse du CNRS affirme que l'air autour de la ville de Fos-sur-Mer provoque des maladies comme le diabète.

80% des souris et des rats soumis à un mélange de particules ultra fines présentes dans la ville de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) sont devenus obèses, cardiaques et diabétiques en quelques semaines seulement, rapporte mardi 5 février France Bleu Provence.

Ces résultats proviennent d'une expérience menée par une chercheuse du CNRS à Marseille. Le but : montrer que l'atmosphère polluée de Fos-sur-Mer provoque des maladies. Depuis une dizaine d’années, la chercheuse étudie les conséquences de la pollution de l’air sur la santé. Et les conclusions de sa dernière expérience sont inquiétantes.

Des risques de cancer en à peine quelques semaines

Pendant plusieurs mois, Sylvia Piétri a fait respirer à des rats et à des souris un air comparable à celui de la ville de Fos-sur-Mer. Dans une cage en verre, les animaux ont reçu en aérosol pendant une heure par jour un cocktail de particules d'hydrocarbures, de benzène, de dioxine et de produits de combustion comme les méthoxyphénols. Des produits que les habitants respirent toute la journée à cause de la proximité de la zone industrielle. "À partir du troisième mois, les rats ont développé une intolérance au glucose et des dysfonctionnements cardiaques", raconte Sylvia Piétri, avant d'ajouter "on a constaté des dysfonctionnements au niveau du foie, du cerveau, qui peuvent provoquer des cancers".

Selon la chercheuse, plus les animaux sont exposés jeunes à ces polluants, plus les conséquences sur leur santé sont importantes : "Et pourtant, les rats et les souris n'ont respiré cet air pollué qu'une heure par jour. Les habitants de Fos vivent dans cette atmosphère toute la journée", précise la chercheuse qui siège au conseil scientifique de l’Institut écocitoyen, créé en 2010 à Fos-sur-Mer pour étudier les polluants présents dans la zone industrielle.

Deux fois plus d'asthme et de diabète qu'ailleurs en France

Ses résultats conforteront donc l'inquiétude des associations et des riverains à l'origine d'une plainte contre X déposée en novembre 2018 pour "mise en danger de la vie d'autrui". En 2010, l'institut de veille sanitaire du département a constaté un nombre hors normes d'hospitalisations pour des leucémies aiguës et des maladies cardiovasculaires, à l'ouest de l'étang de Berre. Début 2017, l'étude Fos Epseal a montré qu'il y avait deux fois plus de cancers, d'asthme et de diabète qu'ailleurs en France. Aucun lien de causalité n'a pu être pourtant établi entre ces maladies et les pollutions industrielles.

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