Antibactériens, sprays aux huiles essentielles : une tromperie, selon "60 millions de consommateurs"

Rayon des produits ménagers dans un supermarché (photo d\'illustration)
Rayon des produits ménagers dans un supermarché (photo d'illustration) (MAXPPP)

Dans son hors-série publié jeudi, le magazine "60 millions de consommateurs" révèle que les sprays naturels censés purifier nos intérieurs sont en réalité une source de pollution importante... pas forcément bonne pour notre santé.

Ils sont censés rendre l'air de nos logements plus purs. Les sprays naturels feraient en réalité tout l'inverse. C'est ce qu'affirme le hors-série du magazine 60 millions de consommateurs publié jeudi 9 mars. "Assainissants", "anti-acariens", "antibactériens"... Ils seraient même la première source de pollution de nos intérieurs. 

Des produits naturels présents en quantité dérisoire

Loin d'assainir l'air des maisons et des appartements, les sprays déposent toutes sortes de substances. Les désodorisants censés par exemple détruire les odeurs ne feraient qu'en rajouter une plus forte. L'huile de neem, extraite du margousier et utilisée pour s'attaquer aux acariens dans nos lits, est un pesticide interdit dans l'agriculture.

Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-séries à 60 millions de consommateurs, dénonce "l'argumentaire assez pervers" des fabriquants, qui "affirment que leur produit tue 99% des virus, des champignons ou des acariens" : "Ce qu'ils disent est peut-être vrai dans une éprouvette. Mais en multipliant les composés organiques volatiles dans l'atmosphère, vous ne pouvez qu'ajouter de la pollution."

Quand vous vaporisez de manière diffuse, c'est surtout vous que vous allez intoxiquer.Adeline Trégouëtà franceinfo

Le magazine souligne également que les sprays aux huiles essentielles, qui nous promettent dans leur immense majorité un air plus pur à respirer, cumulent au moins quatre allergènes. "Les huiles essentielles ont très bonne réputation. Mais dans ces produits-là, elles sont mélangées sous forme de cocktail, explique Adeline Trégouët. Vous avez entre dix et cinquante huiles différentes par produit. Vous multipliez donc l'exposition aux substances classées allergisantes par la réglementation européenne."

Même les personnes qui ne sont pas allergiques peuvent le devenir. À force d'être exposé à des substances indésirables, vous risquez de devenir allergique.Adeline Trégouëtà franceinfo

Les mentions "100% bio" ou "100% naturel" ne protègent pas davantage. Selon 60 millions de consommateurs, les marques trichent dans deux tiers des cas. Bicarbonate, savon noir, savon de Marseille ou d’Alep... Ces ingrédients naturels sont souvent présents en quantité dérisoire. "Et ce n'est pas parce que ces produits sont naturels qu'ils ne sont pas toxiques", conclut Adeline Trégouët.

Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-séries à "60 millions de consommateurs", interviewée par Sophie Auvigne
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Les fabricants invitent les consommateurs à lire les étiquettes

Dans un communiqué, les fabricants de produits d’entretien et d’hygiène membres de l’Afise (Association Française des Industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle) entendent rétablir "la vérité pour une juste information des consommateurs".

L'Afise se défend en expliquant notamment que la présence de "certaines substances" est indiquée sur les étiquettes et elle invite ainsi les consommateurs à les lire et à "se conformer aux précautions d’emploi qui figurent sur les étiquettes". En cas d'allergies, les consommateurs sont invités par l'association des fabricants "à se rapprocher de leur médecin afin de connaitre les précautions d’usage spécifiques qui leur sont appropriées".