Substituts de phtalates dans les jouets : aucun danger pour les enfants

Selon l'Anses, la plupart des substituts de phtalates présents dans les jouets sont sans danger pour la santé des enfants de moins de trois ans. Ils peuvent continuer à mordiller leur poupée ou téter leur sucette sans risque.

Pour rendre son avis du 3 octobre 2016, l'agence s'est penchée sur un échantillon de 31 jouets (jouets premier âge, poupées, jeux de construction) et accessoires pour enfants (bavoirs, anneaux de dentition, sucettes). L'Anses, qui s'est auto-saisie suite à l'interdiction de certains phtalates toxiques utilisés dans les jouets, a concentré son évaluation des risques sur cinq substituts (ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB, DOIP) retrouvés dans les objets examinés. Les phtalates et leurs substituts sont utilisés comme plastifiants. Or le plastique "est le matériau le plus couramment mis en bouche" par les très jeunes enfants, rappelle l'Anses. 

Principe de précaution pour le DOIP

Elle n'a pas pris en compte l'ingestion d'une partie du jouet mais étudié la migration de ces substances dans un simulant de salive. Les substituts ont tous migré dans le simulant de salive, sans pour autant impliquer de risque sanitaire, selon l'Anses. "Les résultats de l'évaluation des risques sanitaires ne mettent pas en évidence de risques sanitaires pour les enfants de moins de trois ans mettant à la bouche les jouets testés contenant ces substituts (ATBC, DEHTP, DINCH, TXIB)", écrit-elle.

En ce qui concerne le DOIP, "le risque sanitaire n'a pu être évalué du fait de l'absence de données sur les dangers de la substance", ajoute l'Anses. Elle recommande de "ne pas l'utiliser sans avoir au préalable acquis des connaissances sur sa toxicité".

Les expositions à ces substances varient selon l'âge des enfants. Chez ceux âgés d'un à trois ans, les expositions sont "globalement similaires et plus faibles" que chez les nourrissons (0 à 12 mois), relève l'Anses. Une différence qui s'explique "par le temps de mise en bouche généralement plus élevé" pour les plus jeunes enfants, indique-t-elle.

Vers une analyse de la migration des composants

Actuellement, "l'évaluation des risques faite au niveau européen d'un point de vue réglementaire se base sur la composition" des objets, souligne Christophe Rousselle, responsable de l'unité d'évaluation des substances chimiques à l'Anses, qui a coordonné les travaux. "Il faut la baser aussi sur la migration parce que c'est ce qui expose les enfants", explique-t-il.

L'Anses recommande "d'intégrer, en particulier dans la directive Jouets, l'obligation de réaliser des essais de migration dans un simulant de salive avant la mise sur le marché des jouets destinés aux enfants de moins de trois ans".

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