Sanctionner les parents d'enfants violents : "Une proposition idéologique" qui "ne marchera pas" prévient la FCPE

Le ministre de l\'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, confirme vouloir sanctionner les parents d\'enfants violents en réduisant leurs allocations familiales.
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, confirme vouloir sanctionner les parents d'enfants violents en réduisant leurs allocations familiales. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Ce qu'il manque, ce sont des êtres humains, des adultes dans les établissements" a réagi la fédération de parents d'élèves sur franceinfo.

"C'est une proposition qui est très idéologique, qui a une vision de la famille qui est très particulière", a réagi jeudi 10 janvier sur franceinfo Rodrigo Arenas, le co-président de la fédération de parents d'élèves FCPE, alors que le ministre de l'Éducation nationale voudrait pouvoir toucher aux allocations familiales des parents d'enfants violents.

Jean-Michel Blanquer a confirmé qu'il songeait à sanctionner les parents "complices d'une évolution violente" de leurs enfants dans le cadre du plan sur les violences scolaires qui sera présenté fin janvier.

franceinfo : Est-ce que c'est une proposition qui vous choque ?

Rodrigo Arenas : C'est une proposition qui est très idéologique, qui a une vision de la famille qui est très particulière. Quand elle a été mise en œuvre sous Sarkozy avec monsieur Ciotti, elle a montré que c'était quelque chose d'inefficace. Si taper au portefeuille des familles rendait les parents "super-parents", il faudrait aller au bout et supprimer les allocations familiales pour tous les parents. Aujourd'hui, il existe un certain nombre de dispositifs entre les mains du ministère de l'Éducation nationale. Mais il existe aussi entre les mains d'un juge pour enfant, la possibilité de retirer un enfant de sa famille quand elle est considérée comme toxique, comme l'évoque le ministre. C'est un enfant qui est placé et, de fait, les allocations ne sont plus versées. C'est automatique. Tout cela est déjà cadré.

Quels dispositifs faudrait-il mettre en place ?

Notre fédération pense que ce qu'il manque, ce sont des êtres humains, des adultes dans les établissements, pour pouvoir prévenir ces comportements violents. Cela existe dans d'autres pays. Dans des pays nordiques, dans les classes les plus difficiles, il y a parfois deux enseignants. Plus il y aura d'adultes dans les établissements plus on pourra prévenir ces comportements violents et surtout comprendre pourquoi. Ce n'est pas en sanctionnant les parents qu'on va régler le problème.

Vous dénoncez une idéologie au détriment de l'efficacité ?

On répond à l'émotion. On réagit plus aux réseaux sociaux qu'à l'intérêt de l'enfant. On sait que cela ne marchera pas. Il s'agit de mettre des choses en place qui seront vraiment utiles et non pas de répondre à l'opinion publique comme c'est en train d'être fait sur ce type de mesures qui ne concerne pas toutes les familles. C'est une mesure qui sera stigmatisante et discriminante parce qu'on comprend bien que cela s'adresse d'abord aux familles qui sont en situation de pauvreté ou de classes moyennes qui décrochent. Ce n'est pas l'esprit de la République. Une mesure doit être égalitaire et non pas concerner seulement une proportion des Français parce que cela sous-entend qu'il y a une corrélation entre un enfant violent et une situation sociale d'une famille. C'est inacceptable.

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