Non, les produits hypoallergéniques ne sont pas meilleurs pour les bébés

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Il n’y aurait aucun effet protecteur contre des manifestations allergiques par rapport aux produits classiques, d’après une étude de l’Inserm et l’Inra.

Si un membre de votre famille a des antécédents d’allergies, peut-être avez-vous déjà nourri votre bébé avec des préparations infantiles hypoallergéniques par précaution ? Plusieurs sociétés savantes recommandent en tout cas de le faire, comme la Société française de pédiatrie. Toutefois, une étude de grande ampleur menée par l’Inserm et l’Inra questionne l’intérêt de ces produits. En effet, les travaux, publiés le 17 juin dans la revue Pediatric Allergy and Immunology, montrent que les préparations hypoallergéniques ne sont pas associées à un risque moindre pour l’enfant de développer de l’eczéma, des sifflements respiratoires ou des allergies alimentaires.

Des risques potentiels de sifflements respiratoires et d’allergies alimentaires

Pour arriver à ces résultats, les équipes de l’Inserm et de l’Inra ont suivi 15.000 bébés français jusqu’à leurs deux ans. Ils ont observé que 5% des enfants âgés de deux mois consommaient des préparations hypoallergéniques, alors que seule la moitié d’entre eux avaient des antécédents familiaux d’allergies. Un comble, puisque selon les auteurs de l’étude, "la consommation de ces produits est en fait associée à un risque accru de souffrir de sifflements respiratoires et d’allergies alimentaires". Ce lien doit toutefois être confirmé par de futures études, estiment les chercheurs.

Les préparations dites hypoallergéniques sont fabriquées avec des protéines fragmentées en petits morceaux : des protéines partiellement hydrolysées. Ce type de fragmentation a pour but d’empêcher le bébé de développer des allergies. Cependant, il existe à l’heure actuelle peu de données sur ces produits. Aussi, les sociétés américaine et suisse de pédiatrie ont-elles retiré leurs recommandations en faveur de ces préparations.

4 à 6% des enfants ont une allergie, selon l’Inserm. Entre 2011 et 2016, la fréquence de ces allergies a doublé. Chez le bébé de moins de deux ans, l’allergie peut se traduire par des réactions cutanées, des symptômes respiratoires, ou des symptômes intestinaux (vomissements, diarrhée, sang dans les selles).

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