Les mariages d'enfants concernent aussi des millions de garçons, selon l'Unicef

Des écoliers dans une école de Bangui (Centrafrique), le 3 avril 2014.
Des écoliers dans une école de Bangui (Centrafrique), le 3 avril 2014. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Au total, 765 millions d'enfants, filles et garçons, sont mariés avant d'avoir atteint l'âge adulte, alerte le Fonds de l'ONU pour l'enfance.

Environ 115 millions de garçons et d'hommes dans le monde sont recensés aujourd'hui comme ayant été mariés alors qu'ils étaient enfants, a affirmé, vendredi 7 juin, le Fonds onusien pour l'enfance (Unicef). L'organisation a réalisé la première analyse sur le sujet auprès de 82 pays.

Ce chiffre porte à 765 millions le nombre total d'enfants, filles et garçons, mariés avant d'avoir atteint l'âge adulte, précise l'Unicef. Sur les 115 millions de garçons et d'hommes recensés, un sur cinq – soit 23 millions d'individus – a été marié avant l'âge de 15 ans, précise l'étude de l'organisation.

La Centrafrique en tête

Le mariage de garçons est notamment constaté en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie du Sud et de l'Est, et dans le Pacifique, ajoute l'Unicef. "Ces mariages ont volé leur enfance", dénonce la directrice générale de l'organisation, Henrietta Fore. "Les mariages précoces entraînent une paternité précoce et, avec elle, une pression supplémentaire pour créer une famille, réduisant ainsi les possibilités d'éducation et d'emploi", explique-t-elle.

Les mariés sont obligés d'assumer des responsabilités d'adultes pour lesquelles ils peuvent ne pas être prêts.Henrietta Fore, directrice générale de l'Unicef

Selon l'étude, la Centrafrique a le plus haut taux de garçons mariés (28%) devant le Nicaragua (19%) et Madagascar (13%). Les filles restent les premières concernées par les mariages d'enfants, rappelle l'Unicef. Alors que plusieurs études existent sur ce mariage des filles, peu de recherches avaient été faites jusqu'à présent sur celui qui touche des garçons.

"Marier des garçons et des filles pendant leur enfance va à l'encontre de la Convention des droits de l'enfant" adoptée il y a trente ans, fait valoir Henrietta Fore. En s'appuyant sur la recherche et des investissements, "nous pouvons mettre fin à cette violation", espère-t-elle.

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